Pauvreté à Madagascar: Plus grave sous Ravalomanana et … Rajoelina !
«Que ferais-tu si tu devenais riche ? ». La question n’est plus posée dans les classes primaires pendant les cours de conjugaison. Et même au collège, les enseignants n’osent pas reprendre cette formule inculquée à leurs aïeux, tout simplement parce que de nos jours, ce serait une insulte de parler de richesse à des enfants qui vivent douloureusement la pauvreté au quotidien. La situation est telle qu’on n’ose même pas essayer d’inculquer ce rêve de richesse à la nouvelle génération. Même le président Rajaonarimampianina, le premier ministre et aucun membre du gouvernement n’ont d’ailleurs pas le mot « richesse » dans leur vocabulaire. Une lacune tellement alarmante qu’on ne peut que saluer ce nouveau rapport de la Banque mondiale intitulé «Changements de fortune et persistance de la pauvreté à Madagascar: Récentes découvertes » réalisé par un « pôle mondial d’expertise en pauvreté, région Afrique ».
Présenté depuis hier à Anosy, au bureau de la représentation de la Banque mondiale, ce rapport se veut être officiellement un document de plus pour aider Madagascar, ses décideurs, ses politiciens, ses intellectuels et sa société civile, à comprendre le fléau de la pauvreté et d’agir en conséquence. Sans le dire, le rapport aurait surtout pour objectif d’inciter les Malgaches à re-créer au sein de la population le rêve de la richesse qui partout dans le monde, est la première motivation du travail lequel sans prendre position sur le débat entre économistes sur la source de la valeur, est à l’origine de la croissance.
D’après ce rapport, le rêve de devenir riche serait donc possible en établissant «quelques pistes pour réduire la pauvreté » à Madagascar. Avant 2005 par exemple, les Malgaches avaient connu un mieux-être. Plus précisément, c’était entre 2001 et 2005, soit du temps de Didier Ratsiraka qui avait comme premier ministre Tantely Andrianarivo et, Marc Ravalomanana. Après, c’aurait été le fiasco sous Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina.
« Les personnes les plus pauvres à Madagascar ont subi une diminution conséquente de leur bien-être entre 2005 et 2012 (…), la consommation des ménages les plus pauvres a diminué de 3,1 pour cent en moyenne », lit-on dans le résumé du rapport qui retrace la situation de la pauvreté à Madagascar.
La suite n’est guère rassurante : « L’ampleur de la pauvreté à Madagascar est très préoccupante. 30 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et cette part a augmenté depuis 2005, après avoir diminué entre 2001 et 2005. L’augmentation des revenus nécessaires pour amener plus de 70 % de la population au-dessus du seuil de pauvreté reste énorme ».
Ce jour, ce que compte le pays en matière grise et en responsables susceptibles d’agir, est réuni par la Banque mondiale pour partager ses constats et ses conseils. Ce n’est cependant pas la première fois qu’on fait un tel exercice. Nouvelle épée dans l’eau qui ne bénéficie que ses auteurs ?
En tout cas, la lecture politique de ce rapport amène à conclure que la situation de la pauvreté s’est surtout aggravée sous Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, deux des candidats à la présidentielle de 2013 interdits par la communauté internationale. Ce rapport sur la pauvreté serait-il le bilan catastrophique de MM. Ravalonamana et Rajoelina dont les ambitions de revenir au pouvoir font l’objet de vives critiques que les auteurs du rapport appuient visiblement ?
Loin d’avantager Hery Rajaonarimampianina, la Banque mondiale risque cependant de se retrouver en mauvaise posture si l’on ne parle que du contrat de fourniture de compteurs de la Jirama ou encore du crédit de quelques dizaines de millions de dollars sur l’environnement par l’Etat malgache sans qu’un seul dollar ait été versé au Trésor malgache. Le silence de cette institution semble confirmer nos assertions. Pire, les rumeurs persistantes et les « zones d’ombre » étant pour ne pas dire les affaires comme celles qui secouent la présidentielle en, France, il est difficile de croire de faire rêver la richesse aux Malgaches.
Sa