Fraude et évasion fiscale, blanchiment d’argent
De source bien informée, Un dossier brûlant est sur le point d’exploser. Il concerne des « karana », d’une même communauté, basés à Andravohangy. De prime abord, leur activité principale peut sembler anodine: quincailleri<we, importateurs de PPN, et grossiste. Ils sont, à l’heure où nous mettons sous presse, dans la ligne de mire des autorités compétentes (Ministère des Finances et du Budget, SAMIFIN et chaîne pénale).
Un gros dossier qui date de quelques années dont le montant dépasserait les aides budgétaires du FMI. Plusieurs centaines de millions de dollars (soit plusieurs centaines de milliards d’ariary) de manque à gagner pour les recettes publiques et une procédure au ralenti pour l’instant. Car ces « karana » prétendent avoir des protections au`plus haut niveau et ont déclaré, enregistrement vocal à l’appui, n’avoir peur de personne. Menaces physiques, menaces morales, intimidations… Ces « karana » qui se disent intouchables, sont clairement au-dessus de la loi et le revendiquent ouvertement. « La procédure de recouvrement ne sera pas entamée: nous avons la protection de la Présidence car nous approvisionnons la Présidence » peut-on clairement entendre. Voilà pour la forme. Car pour le fond, il s’agit d’un montage classique d’opérations sous couvert de prête-nom et sociétés écrans.
Un simple calcul mental montre que le manque à gagner représente une partie non négligeable des promesses de financements de 10 milliards de dollars de la Conférence des Bailleurs de Paris. Des centaines de millions qui auraient pu logiquement éradiquer de certaines régions la pauvreté, sans parler du kere dans le sud.
Une goutte d’eau dans l’océan
Ce dossier, bien qu’important, ne conceme pourtant qu’un groupe mafieux de fraudeurs. Quelques uns parmi tant d’autres. Mais à l’approche du deuxième décaissement de 43 millions de dollars par le FMI, I’accélération de cette procédure pourrait être vue d’un très bon œil par Patrick Imam, représentant résident du FMI, et ses collègues. Rappelons que la mission du FMI
et de la Banque Mondiale du mois de janvier s’est déclarée surprise par la magnitude des besoins supplémentaires annoncés (750 milliards d’ariary) par la JIRAMA. La finalisation de ce dossier pourrait résoudre le problème du délestage, mais aussi permettre la reconstruction d’Antalaha avec le montant restant. L’Etat malgache va-t-il enfin montrer une réelle volonté politique de lutter contre la corruption ?
Ce qui est malheureux dans ce dossier, c’est que les opérateurs économiques souscrivant à leurs obligations fiscales et s’acquittant normalement de leurs impôts devant l’Etat rament à contre-courant et peinent à s’en sortir. Tandis que quelques opérateurs véreux et hors-la-loi dominent les secteurs stratégiques, en particulier le secteur commercial. Non contents de tuer et déséquilibrer le marché, ils freinent avant tout toute forme d’activité économiquernent saine et cultivent l’impunité au plus haut niveau.
Un dernier élément vient néanmoins corser ce dossier dont les pièces justificatives sont déjà en main. En effet, au vu de l’enjeu financier de l’affaire, un risque de, financement d’antennes terroristes locales et continentales n’est également pas à exclure. La réaction des autorités compétentes est attendue car le réseau ciblé est actuellement complètement démantelé avec des preuves et des évidences à l’appui. Les noms des membres de la communauté indo-pakistanaise incriminés éclateront bientôt au grand jour.