Bailleurs de fonds: Menace de suspension des aides à cause de l’ACD

Qui est le vice-président de Madagascar ? La question est assurément une provocation car ce poste n’existe pas dans la Constitution malgache. Il n’empêche qu’à Madagascar il existe une autre personne qui semble décider de tout après le Président.

Ce n’est pas la première dame, qui d’après les bruits du palais, qui exerce une influence sur son mari le Président. Il s’agissait plutôt de Philippe Leclerc qui revient très fort avec son projet de racket à travers l’Advance cargo declaration (ACD).

Alors que l’on croyait que cette taxe maritime de 85 euros par conteneur et de 15 euros par véhicule prélevé au profit de la société ATPMS de l’homme d’affaires béninois Jean Codo était enterré pour de bon. Au début de l’année, une nouvelle tentative a été initiée pour remettre sur les rails l’ACD. M. Codo avait même annoncé fièrement l’application de la taxe du 14 février sans que personne à Madagascar ne soit au courant, du moins les transporteurs maritimes et les opérateurs en général. Il a fallu une nouvelle intervention de l’ambassade des Etats-Unis infirmant que l’ACD est une exigence des garde-côtes américains pour que l’on n’en parle plus. En réalité, M. Leclerc continuait de faire forcing. Et apparemment, il est sur le point de faire fléchir le Président Hery Rajaonarimampianina malgré l’opposition de certains membres du gouvernement.

Mis au courant de la manœuvre de l’avocat français, les bailleurs de fonds et les partenaires techniques se sont concertés depuis un certain temps. Scandalisés par le racket institué par l’Etat au profit de quelques individus, ils réagissent officiellement en remettant hier au Premier ministre une note de protestation à laquelle ils menacent de suspendre toute aide à l’endroit de Madagascar.

La lettre de l’Océan Indien était au courant de cette diffusion en ayant accès au paragraphe de la note officielle. La publication rapporte que :

« Les Occidentaux ripostent contre l’ACD

Très remontées contre le projet gouvernemental de mise en place de l’Advanced Cargo Declaration (ACD) par la société ATPMS (LOI nº1446), les représentations occidentales à Antananarivo ont rédigé, le 20 mars, une déclaration commune contre cette initiative que La Lettre de l’océan Indien a pu consulter. Signée par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), l’Union européenne (UE) et les ambassades des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et du Japon, cette note est une menace à peine voilée vis-à-vis des autorités malgaches qui s’entêtent à mettre en place ce procédé (LOI nº1445) après l’avoir enterré pendant près de deux ans à la suite des pressions du secteur privé local (LOI nº1444).

Les signataires estiment que la poursuite de ce projet mettrait en péril les importants acquis obtenus lors des sommets du Comesa, de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et de la conférence des bailleurs (LOI nº1438), lesquels se sont tenus fin 2016. Le sous-titre est limpide : si l’Etat malgache ne renonce pas, les Occidentaux et les bailleurs reverront les termes de leur aide financière à Madagascar.

Selon les signataires, l’ACD est une mesure redondante par rapport à celles existantes et n’a donc aucune valeur ajoutée. De plus, ils déplorent l’absence de consultation préalable du secteur privé, de même que le manque de transparence dans le processus de sélection du prestataire (ATPMS) ainsi que le manque de clarté sur l’utilisation des revenus collectés via ce nouveau mécanisme.

Les Occidentaux terminent néanmoins leur déclaration par une main tendue : ils proposent leur assistance au gouvernement malgache pour l’aider à identifier un procédé alternatif pour une gestion plus efficace de la sécurité des ports de Madagascar. »

Le Premier ministre ne manquera pas de transmettre cette note au Président de la République qui n’a jamais osé prendre officiellement position sur cette affaire. Philippe Leclerc lui tient-il la barbichette ? Toujours est-il que la presse pro-régime a été obligée pour faire avaler l’ACD. Après avoir enfoncé les bailleurs de fonds en décembre dernier car ces derniers avaient promis 6,5 milliards de dollars d’aide, la voix de sonnette se retourne contre les mêmes institutions et les pays dits amis de Madagascar. On les taxe même d’ingérence. Est-ce en perspective de cette menace que Rajaonarimampianina est parti en Chine pour un plan B ?

En tout cas, le robinet des bailleurs de fonds n’a jamais été ouvert et le déblocage de la seconde tranche de FEC ne pourrait se faire comme il en a besoin. Voilà ce qui se passe quand on se soumet devant un vice-président extra-constitutionnel.

Sa et Annie N. 

Commentaires   

0 #1 rakotomalala victor 27-03-2017 15:11
dia samia miandry an’i Paoly eo daholo o!
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