CHRONIQUE DE N. RAZAFILAHY: Les dirigeants seront plus riches et le peuple plus pauvre ?
Loin de nous l’idée de vouloir se substituer aux diseuses de bonne aventure ou de jouer les prophètes de mauvais augures. Après cette virée des hauts responsables en Chine, plus rien ne sera comme avant. Sans toutefois faire de la lèche ou même être animé d’un optimisme partisan laudateur du parti présidentiel HVM, on peut d’ores et déjà voir venir les retombées positives préprogrammées à l’avance de ce voyage officiel de haute portée diplomatique et économique surtout. Avec pour cadre l’Amitié Chine-Madagascar favorisée par l’occasion du grand rendez-vous annuel du Forum Asiatique des leaders politiques de Boao, du commerce et de la recherche au niveau mondial. Durant les discussions consacrées au « Futur de la mondialisation et du libre-échange », les enjeux étaient lumineux. Il va de soi que les soubassements des ententes devront rester méconnus du grand public. La loi de l’offre quémandeur et de la demande venant de la Chine qui est devenue, depuis, la première puissance économique mondiale.
Selon le communiqué officiel de la Présidence, la mission principale d’une délégation lourde conduite par le président Hery Rajaonarimampianina va se focaliser sur « sur le partage des expériences de développement économique maritime de la région insulaire, et les perspectives et les moyens de coopération dans le but de promouvoir le développement durable. » Ce qui veut dire axer désormais la géopolitique internationale autrement, en ce qui concerne « la mondialisation, la croissance, la réforme et la nouvelle économie ». Une rencontre de ce niveau ne risque pas d’accoucher d’une souris, étant donné que les autorités de Beijing sont actuellement décidées et déterminés à voir un nouvel horizon en Afrique et dans l’Océan Indien. Le vent de l’esprit du BRICS a traversé le Canal de Mozambique pour souffler jusque dans la capitale malgache. De leur côté aussi, les honorables hôtes ne devaient sûrement pas lésiné sur les moyens de séduction avec les potentiels que peut offrir un pays aussi riche que Madagascar, malgré la réputation bien assise de la situation politico-économique franchement désastreuse de notre pays et cette mauvaise réputation mondialement connue de pays à risques pour ceux qui veulent bien s’aventurer à miser leur fortune chez nous. Durant ces précieux moments : éviter les sujets qui fâchent fait partie des règles protocolaires, même s’il y a des difficultés qu’on ne peut occulter sur le terrain. Si bien que, pour cette occasion unique et très rare dans l’histoire de deux nations, les incidents et les sujets d’ordre conflictuel ne seront abordés qu’avec beaucoup de précautions et seulement en comité préparatoire. A propos des anicroches avec les populations comme à Soamahamanina, Ikongo, Bealanana, Betsiaka, après les remous écologiques et administratifs des exploitations irrégulières des minerais d’ilménite le long du littoral Est, on laisse plutôt aux techniciens le soin de trouver entre eux les terrains d’entente. Quitte pour parties en présence à adopter la solution qui consiste à trancher la poire en deux, en prenant bien le soin de satisfaire les exigences du pays qui reçoit les visiteurs. Pendant que les hauts responsables se livrent à des rencontres mondaines, plus touristiques et culturelles.
Mais comme les relations entre deux pays, quelles qu’elles soient, ont des limites et des barrières à ne pas franchir, les initiatives sûrement les plus louables de nos dirigeants dans cette virée en Asie sont loin faire la joie de certains intérêts basés sur des liens commerciaux historiques qui, avant et du temps de la colonisation faisaient la pluie et le beau temps. Sur les fronts de la bagarre commerciale à l’échelle planétaire, que le régime actuel se tourne vers les opportunités financières des dragons du sud-est asiatiques moins contraignantes, plus souples et visiblement avantageuses pour ceux qui en ont grandement besoin et bien entendu plus payants pour ceux en sont les artisans et négociateurs, il n’y a rien de mal à cela…Tout le reste relève des tours de passe-passe difficilement contrôlables par des contribuables aux connaissances très limitées en matière de hautes finances internationales et de ses mécanismes souvent occultes et cachés. En optant actuellement pour la concrétisation de l’option qui vise à recourir, à ce que Mathieu Pellerin un chercheur, dans une publication de l’IFRI, considère comme « une alternative durable et crédible aux bailleurs traditionnels », l’homme fort actuel à Madagascar en bute aux difficultés qu’imposent les partenaires occidentaux, est en train de réchauffer l’intérêt que déjà, il avait accordé à ce choix alternatif en 2011. Lorsqu’il n’était qu’un ministre des Finances et du Budget au service de la H.A.E d’une Transition à problèmes. Attention que les milieux économiques et financiers chinois n’ont pas oubliée, durant la période pré-électorale de 2013 jusqu’à maintenant et pour longtemps encore…Vous avez tous oublié les quiproquos à propos du destinataire effectif final des voitures 4X4 qui ont tant fait jaser la classe politique à l’époque ? Selon Billy du journal Tribune« Finalement, ces voitures tout-terrain sont le résultat de partenariat public-privé avec un conglomérat d’origine asiatique qui les offre plutôt à l’État malgache ; c’est ce qu’on a appris ce samedi 15 mars des propos tenus par le conseiller spécial du président de la République, Jaobarison Randrianarivony. Il a expliqué à la presse invitée à constater le premier lot de 200 voitures parquées à Iavoloha, que la Présidence de la République a pris possession des 350 voitures et que le deuxième lot de 150 autres arrivera incessamment dans la capitale et sera entreposé à Iavoloha également. » Ceci explique cela…Soit ! Mais là n’est pas le problème et les préoccupations de l’ensemble des habitants de ce pays. Parce que logiquement à la suite ce remake version 2017 d’un volet fameux de « la politique tous azimuts » après Mai 72 d’un Didier Ratsiraka ministre des Affaires Etrangères du Général Ramanantsoa, une tempête financière ne manquera pas de modifier en bien et surtout en mal la situation qui prévaut actuellement. Avec les vagues de réactions pénalisantes indirectes que ne manqueront pas de soulever les impacts relationnels avec les partenaires techniques et financiers habituels, les Malgaches seront plus lésés et plus pauvres. Qu’est qui nous prouve que les ingérences humanitaires ciblées ne se seront pas perturbées ? Qui peut nous garantir qu’en cas de décrochages et de relocalisations des industries déjà en place, la sécurité de l’emploi sera assurée et que chaque foyer n’aurait pas de problèmes au niveau du panier de la ménagère ? Parce jusqu’à ce jour, rien ne nous permet de croire que le partage des produits de nos richesses sera équitable. La seule certitude est que « le jour où Madagascar par le biais des personnes qui sont censées être responsables de son avenir, aura le culot et la force de définir avec la Chine, une vraie stratégie de collaboration et de partenariat, la vraie relation gagnant-gagnant pourra commencer », dixit Mbolatina Raveloarimisa, un activiste qui n’a pas sa plume dans la poche.
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