Douanes : l’ACM désamorce la grève !

James Andrianalisoa n’a peur de personne. Ce dont il redoute sont les conséquences catastrophiques d’une grève des douaniers avec les blocages de tous les mouvements de navires dans nos ports où transitent pourtant des centaines de conteneurs de marchadises et produits divers tant à l’importation qu’à l’exportation, l’impossibilité pour les compagnies aériennes internationales d’embarquer et débarquer les passagers à Ivato faute de contrôle douanier, et surtout le sevrage de fait de l’Etat en matière de recettes douanières qui constituent le gros des ressources de l’Etat.

James Andrianalisoa a donc répondu favorablement à la revendication du syndicat des douaniers de Madagscar d’organiser une table-ronde sur l’organisation dans les aéroports et les responsabilités de chaque entité. Au tout dernier jour de l’ultimatum des douaniers qui menaçaient de faire grève, le DG de l’ACM (aviation civile de Madagascar) a convié les différentes entités intervenant dans les aéroports. Sauvant in extremis les meubles, M. Andrianalisoa a pu faire accepter un consensus entre les douaniers et les gendarmes. Les premiers sont désormais les seuls habilités à faire des fouilles économiques dans les aéroports tandis que les seconds continueront d’être présents sur le tarmac, les deux fouillant ensemble un passager suspecté par les gendarmes de détenir des marchandises illicites dans

ses bagages. James Andrianalisoa est donc l’artisan de cette réconciliation entre douaniers et gendarmes dont les contradictions de fait ont été favorisées par l’ACM elle-même à cause de l’immobilisme (pour incompétence) sur le secteur. «Il aurait dû organiser cette table ronde ou bien définir par une lettre officielle les attributions des différentes entités qui sont sous son autorité », font notamment remarquer des douaniers . Et d’ajouter : « c’est depuis un certain temps  qu’on a exigé cette définition des tâches qui relève de l’ACM , l’absence de réaction nous a conduit à la menace de grève ». On imagine que cette revendication a reçu le soutien du ministre des Finances qui était toujours présent lors des  conférences successives dénonçant les trafics d’or à Ivato. Pareillement, on ne peut douter que le général Florens Rakotomahanina ait reçu l’aval du commandement de la gendarmerie pour réfuter la revendication des douaniers de ne plus autoriser les fouilles économiques par des gendarmes sur le tarmac.

James Andrianalisoa peut donc se frotter les mains après avoir fait éviter la grève des douaniers. Complicité ou incompétence, sa décision ne conduit cependant pas à éradiquer les trafics à Ivato. On évoque notamment les « points noirs » visités par le président Rajaonarimampianina lui-même lors de sa visite surprise, en juillet 2016 à l’aéroport d’Ivato. Des consignes strictes ont été faites par le chef de l’Etat à l’issue de cette visite. Jusqu’à présent pourtant, aucun colmatage des « points noirs » n’a été fait, et l’accès au tarmac toujours facile ; constatent des agents de douanes qui vont discuter de tout cela « très prochainement lors de notre assemblée générale ». « Sans ces points noirs, rien d’illicite ne pourrait dépasser nos frontières car les caméras, les scanners et les portiques de Samada sont là pour appuyer nos propres moyens », indiquent-on en ajoutant que « les discussions sont en cours entre la direction générale des douanes et Samada pour régler les incompréhensions et améliorer la collaboration au bénéfice du pays ». On en saura un peu plus lors de la réunion du syndicat si la lune de miel avec les douaniers, la police, la gendarmerie et la société de sûreté aéroportuaire a des chances de perdurer ou si les actions cintre l’ACM reprendront avec intensité avec cette fois-ci la revendication du limogeage de à la tête de l’ACM de James Andrianalisoa.

Sa

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