Micro-entreprises informelles: Peu de chance de se développer
Ce type d’entreprises domine pourtant à Madagascar, d’après une récente étude de la Banque mondiale. Il a tendance à pulluler de plus belle, notamment dans le secteur du commerce. Il n’y a qu’à jeter un coup d’œil sur les rues passantes et jusque dans les ruelles et escaliers publics. Ils accueillent des marchands de légumes, de vêtements, de chaussures et d’autres accessoires allant jusqu’aux ustensiles de cuisine, aux colifichets, aux jouets… D’aucuns savent que la floraison du petit commerce est un indicateur de pauvreté. Plus ce secteur se développe, plus un pays s’appauvrit et c’est le cas de Madagascar. Seulement, les dirigeants semblent ne pas s’en apercevoir. Et c’est évident parce qu’ils roulent à tombeau ouvert chaque fois qu’ils se déplacent pour s’approcher de la population. Ils se contentent des bains de foule et des discours souvent creux et trop éloignés des tristes réalités des pauvres. Or, ces derniers qui comptent jusqu’à 92% de la population souffrent de nombreuses privations. Certains créent leurs micro-entreprises informelles pour gagner de quoi vivre ou plutôt survivre. Mais ce type d’entreprise a ses limites. L’étude de la Banque précise : « Bien que ces entreprises permettent de gagner de quoi vivre, leur structure génère d’importantes pertes de productivité et de revenus. Comme dans de nombreux autres pays pauvres où les micro-entreprises informelles ont été étudiées, ces entreprises ont peu de chances de se développer et d’employer plus de travailleurs ».
Voilà pourquoi l’on ne peut pas vraiment parler de gagne-pain mais d’un moyen pour survivre. Car il est évident qu’avec ces micro-entreprises informelles, les agents économiques concernés ne récoltent pas assez de revenu pour subvenir à leurs besoins fondamentaux (nourriture, santé, éducation, logement décent…) Ils sont souvent sous-employés, c’est-à-dire que le nombre d’heures de travail est nettement inférieur à la normale. Le revenu va dans le même sens, alors que l’inflation ne cesse d’atteindre des sommets. En 2 semaines seulement, les prix du riz ont affiché une hausse de 25% dans de nombreuses localités du pays courant janvier. Depuis, ils se stabilisent à des niveaux toujours trop élevés pour la bourse des ménages. Ainsi, le revenu issu des petits métiers et du petit commerce informels ne réussit pas du tout à suivre le rythme de l’inflation. Il ne permet donc pas aux populations concernées de sortir de la trappe de la pauvreté. Autrement dit, le pays est loin de se défaire du cercle vicieux de cette pauvreté étant donné qu’à Madagascar, les micro-entreprises informelles sont la première source d’emplois non agricoles.
La Banque souligne, par ailleurs, que cette configuration de production réduit l’emploi et les salaires, rendant la transition rurale-urbaine beaucoup plus difficile. Toutefois, l’urbanisation est un phénomène irréversible. Elle risque ainsi de déboucher sur l’émergence de nouveaux pauvres. Et c’est déjà le cas dans les grandes villes dont Antananarivo. Les ruraux montés en ville pour exercer des petits métiers sont souvent obligés de loger dans des cases et autres maisons loin d’être décentes. Certains doivent même opter pour la rue.
Fanjanarivo