La fin des sachets plastiques: Une décision (de plus) sans aucun fondement !

Au cours de ces derniers jours, le gouvernement malgache a pris la décision de bannir tous les sacs plastiques d’une épaisseur inférieure à cinquante microns. Par ailleurs, la mention « réutilisable » devra y être mentionnée clairement. Sur le fond, cette décision voit sa base sur la protection de l’environnement. Certes, l’action est louable, mais est-ce vraiment une priorité actuellement ?

Cinquante microns. Ce sera donc l’épaisseur limite des sachets qui pourront être utilisée. Déjà à ce niveau, on se demande de quelle manière les autorités vont-ils pouvoir mesurer avec précision l’épaisseur exacte d’un sachet plastique ? Sans les moyens adéquats, tout porte à croire que l’épaisseur d’un sachet utilisé sera déterminée de façon arbitraire. Par ailleurs, dans la mesure où aucune mesure d’accompagnement n’a été mise en place, on se demande comment les consommateurs qui ont l’habitude de mettre leurs courses dans des sachets plastiques, vont faire désormais pour faire leurs achats. Sachant notamment que les pickpockets sévissent aux environs des marchés, cette décision est manifestement dénuée de tout sens. Si en général, les foyers malgaches qui en ont les moyens font leurs provisions toutes les semaines, il semblerait difficile d’envisager que ceux-ci puissent mettre leurs achats dans les poches. En définitive, jusqu’ici, il n’y a aucun fondement valable sur les réelles motivations de cette décision.

Une allusion à la préservation a été faite pour motiver cette décision. Mais là encore, ça semble être une plaisanterie de mauvais goût. En effet, quelles sont les raisons qui poussent soudainement le gouvernement à protéger la nature, alors que tout le monde sait que c’est le cadet de leurs soucis. Les autorités, par l’intermédiaire du ministère de l’Environnement a d’ailleurs fait savoir que des sanctions seraient appliquées à l’encontre des fournisseurs. Peut-être que pour ce ministère concerné, le pillage des ressources naturelles telles que le bois de rose, les espèces endémiques, ou encore les pierres précieuses ne constituent pas un danger imminent pour l’environnement. Ne serait-ce pas le comble de l’ironie de faire croire soudainement que le gouvernement se soucie de l’environnement, alors depuis toujours, elle s’en fichait royalement ?

Avec les mesures d’accompagnement adaptées et une attitude cohérente dans ce sens, on aurait bien accepté que le principe de cette prohibition soit louable, mais ce n’est pas le cas. Notre analyse ira jusqu’au fait que très récemment, Madagascar a signé un accord – sans bénéfices réels pour le pays – avec la Chine, sans doute que cette décision permettra aux Chinois de nous vendre toutes leurs productions, en remplacement des sachets plastiques prohibés. En tout cas, tout semble aller dans ce sens.

Johan R.

Ajouter un Commentaire