Affaire Claudine Razaimamonjy: Evasion rock’n’roll

Les rebondissements concernant l’affaire Claudine Razaimamonjy ont tenu en haleine pendant quelques jours la population malgache et les chancelleries étrangères. Ces dernières ne font plus confiance aux autorités malgaches, après la fuite de l’intéressée dont les crimes sont restés impunis. Si l’on suppose que l’arrestation médiatique de Claudine Razaimamonjy a été organisée par les tenants du pouvoir, pour mieux l’extorquer, tout en donnant satisfaction aux bailleurs, alors nos dirigeants ont fait preuve d’un amateurisme pathétique. Si l’on considère que l’évacuation médicale de Claudine Razaimamonjy à l’hôpital HJRA, après la décision de  placement sous détention préventive, a été une mise en scène préalable, afin de lui permettre de fuir à l’étranger, alors tous les acteurs ont joué de mauvais rôles. Comment est-on arrivé à cette situation à la fois anarchique et drolatique ? Après avoir cumulé des fautes grossières, le régime s’est retrouvé complètement dépassé par les évènements. Pris de panique, il a choisi la pire solution en se rendant complice d’évasion. Le terme d’évasion déplaît en haut lieu car il implique des défaillances de l’appareil étatique qui n’assure plus ses fonctions régaliennes. Pourtant, on ne peut pas qualifier autrement ce départ prévisible de Claudine Razaimamonjy. Il faut s’attendre à ce qu’une cellule de pseudo juristes à la solde du régime envahisse les télévisions et radios pour réfuter toute idée d’évasion. Cependant, l’articulation des faits confirme bien l’existence d’une évasion. En effet, tout d’abord, le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice est sorti de sa neutralité pour devenir le défenseur peu convaincant de Claudine Razaimamonjy. Ensuite, l’évacuation médicale de celle-ci a été organisée vers l’hôpital HJRA, sans même l’avis du médecin-chef de la prison centrale d’Antanimora. Enfin, Claudine Razaiamamony n’a même pas été frappée d’une interdiction de sortie du territoire, en dépit des graves chefs d’accusation pesant sur elle. Tout est flou et tout est fou. Claudine Raziamamonjy vient de créer une jurisprudence qui porte son nom. Dorénavant, tout individu prévenu ou accusé peut échapper à une mise en détention préventive en jouant au malade imaginaire, avant de bénéficier d’une évacuation dans un hôpital à Madagascar puis à l’étranger. Après cet épisode rock’n’roll qui déshonore complètement l’Etat malgache et qui confirme notre statut de république bananière, le régime va essayer de tourner la page au plus vite et de nous persuader qu’il va maintenant développer l’axe du bien alors que le mal est fait. Après la fuite de Bekasy à l’étranger, l’évasion de Claudine Raziamamonjy est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. A Madagascar, on peut se livrer à des trafics de bois de rose ou détourner des fonds publics, avant de se reposer à l’étranger. Désormais, il ne faudra pas s’étonner que la hiérarchie ne soit plus respectée au niveau de l’administration et, en particulier au sein de la police, l’armée, la gendarmerie et la magistrature.

M. GASPARD

Commentaires   

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+1 #1 Toto 12-04-2017 11:25
Et dire que pour 2 canards il y a 3 morts et 500 toits incendiés. Je pleure pour mon pays :cry: :cry:
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