Kidnapping d’un garçon de 16 ans: La ligne rouge franchie par les criminels !
Les kidnappeurs ont de nouveau frappé hier. Cette fois-ci, ils n’ont pas opéré comme à l’heure habituelle consistant à enlever des hommes d’affaires à leur sortie de bureau dans la soirée. Hier, c’était un garçon de 16 ans qui a été enlevé.
C’était à 6h30 du matin à Andranomena, à l’heure où le bus scolaire prend le jeune Français, Firoze Nourbhay, pour le lycée Ambatobe. C’est au moment de monter dans le bus que deux individus cagoulés et fortement armés se sont emparés violemment du jeune garçon. En regagnant un véhicule de couleur noire où les attendaient deux autres individus, selon les témoins oculaires, les criminels ont tiré en l’air des rafales avec leurs kalachnikov avant de diriger leurs armes contre le policier chargé de la circulation qui n’était même pas armé.
Le policier n’est malheureusement que blessé mais on imagine le traumatisme subi par les jeunes camarades du kidnappé dans le bus, le drame de la femme et l’angoisse de la communauté française d’origine indienne de Madagascar (CFOIM) qui s’est justement réunie autour de cette association à la suite justement de la recrudescence des violences à leur endroit.
C’est depuis le début des années 90 que le kidnapping a commencé à Madagascar. C’était un petit règlement de comptes de rien du tout entre karana. Plus la situation politique et sociale s’est empirée, plus le fléau s’est aggravé en se prenant quasi-exclusivement à des karana de nationalité française ou des français d’origine indienne, c’est selon. Et depuis un certains temps, on cible les enfants.
En 2014, le jeune Owne Alek fut kidnappé à Toamasina. Atteint de diabète à un stade avancé, le jeune de 18 ans n’a jamais été libéré malgré le versement d’une rançon par la famille, selon les rumeurs d’alors, et les appels incessants aux ravisseurs sur l’état de santé de la victime dont on ignore le sort jusqu’à présent.
Vers la fin de 2014 et début 2015, les kidnappings se sont intensifiés dans la capitale, mais aussi en province. A Toliary, un jeune français d’origine indienne de 12 ans se fait enlever devant son collège. Il aura fallu presque un mois pour que Houssein Anvaraly soit libéré.
Dans la même capitale de l’est qu’est Toamasina, l’autre lundi vers 18h30, le jeune Moffadal s’est fait tuer dans la rue. A bord d’un scooter, deux bandits armés tirent sur lui avec des armes à feu au moment où il rentrait chez lui à pied après avoir fermé son magasin. Les assassins s’emparent de la recette de la journée contenue dans le sac en bandoulière du jeune de 22 ans.
Hier, c’était donc contre un garçon de 16 ans que les criminels ont agi.
«Une ligne rouge a été franchie, car les criminels s’en prennent maintenant aux enfants », s’insurge la CFOIM dans un communiqué. L’expression rappelle celle du président américain Donald Trump à la suite de l’utilisation d’arme chimique par Bachar al Assad en Syrie. Les karana n’ont pas de missiles pour anéantir les criminels, mais ils ont les autorités de leur pays d’accueil qui seules peuvent mettre fin à ces kidnapping et à toute la criminalité qui affecte gravement le pays.
Les vols à mains armées, les dahalo, les détournements massifs de deniers publics et les kidnapping ne sont pas, en effet, incurables. Pour ne parler que l’actualité brûlante, comment s’étonner que l’enlèvement de personnes moyennant des rançons deviennent monnaie courante quand les criminels sont rarement arrêtés et même s’ils le sont, ils ne font que passer dans les geôles ? Et même s’ils sont placés à la prison de Tsiafahy qui jouit pourtant d’une réputation certaine en matière de détention des condamnés, il semble que des kidnappeurs notoires tels un certain Djaffar continuerait d’organiser des opérations. D’après le milieu judiciaire et des forces de l’ordre, l’explication serait la complicité de leurs collègues et souvent la protection à un certain niveau.
D’ailleurs, l’ambassadeur de France à Madagascar, François Goldblatt,, avait révélé une liste des responsables impliqués dans les affaires de kidnapping. Etablie par des enquêteurs français pour libérer le jeune collégien kidnappé à Toliary, la liste est prévue d’être transmise au président Rajaonarimampianina et au Premier ministre, avait annoncé l’ambassadeur en déclarant que « L’ambassade de France à Madagascar entend signifier à tous ceux qui ont depuis de trop longues années engagées sur la Grande Île, dans le commerce de ressortissants français, qu’une nouvelle phase débute dans l’intensification des efforts, destinés à prévenir et à réprimer ces activités criminelles »
Aucune suite n’a été donnée à cette liste et même le projet de cellule anti-kidnapping au niveau des forces de l’ordre malgache n’a pas vu le jour. Ce dont on est sûr est que la France ne restera les bras croisés contre cette vague de criminalités contre leurs ressortissants. Les pseudo-nationalistes crieront-ils de nouveau à la souveraineté nationale pour protéger les criminels ?
Annie N. et Sa