QMM Fort Dauphin: Un paysan interdit de se rendre à Londres

          La Grande-Bretagne a refusé le visa à un agriculteur de Fort-Dauphin qui voulait se rendre à Londres assister à l’assemblée annuelle de Rio Tinto, maison mère de QMM, pour se plaindre auprès des décideurs de la compagnie. A priori, l’article de « The Garduian » du 7 avril laisser subsister  une question foindamentale : pourquoi a-t-on refusé un paysan aussi « ignorant » soit-il de rencontrer ceux pour qui on exploite leurs terres avec ses conséquences ?

           Voici la traduction libre de l’enquête de Rebecca Ratcliffe

           Un agriculteur malgache qui affirme que lui et ses voisins ont perdu accès à leurs terres en raison de la société minière britannique Rio Tinto, a été empêchée de visiter Londres, où il devait s’adresser à l’assemblée générale annuelle (AGA) de l’entreprise.
         Athanase Monja a prévu de prendre la parole à l’AGA de l’entreprise le 12 avril, mais le secrétariat d’Etat à l’intérieur lui a refusé un visa. Monja, petit  agriculteur, pêcheur et premier assistant du maire dans la commune rurale  d’Antsontso, a été informée par des fonctionnaires britanniques qu’il avait un «manque de qualification» pour parler des préoccupations environnementales et des droits de l’homme.
         Monja voulait souligner l’impact de la mine Rio Tinto détenue et exploitée par QIT Madagascar Minerals (QMM) sur la côte sud-est de l’île, notée pour sa biodiversité.
          La mine a été considérée comme un modèle pour l’avenir en matière d’exploitation minière responsable, mais les militants affirment avoir eu un impact dévastateur sur l’environnement et la communauté. QMM, qui est la filiale locale de Rio Tinto, utilise un système controversé de compensation de la biodiversité qui s’engage à contrecarrer les dommages environnementaux en protégeant d’autres domaines.
            Yvonne Orengo, directrice de Andrew Lees Trust, organisme de bienfaisance qui gère des projets sociaux et environnementaux sur Madagascar, a déclaré que l’AGA était une occasion rare pour les habitants de faire entendre leur voix. “Ils auront un public d’actionnaires qui ont des intérêts et ont probablement plus de pouvoir pour obliger l’entreprise à tenir en compte de leurs  avis que  quiconque d’autre dans la communauté locale là-bas. C’est la triste réalité “, a-t-elle dit. Les Malgaches vivent principalement de la terre, et c’est important pour eux spirituellement et culturellement, ainsi que pour leurs moyens de subsistance. Toute perte de terrain et toute perte d’accès aux ressources naturelles comme la forêt auront un impact majeur sur leur bien-être et leur capacité à survivre “.
          Après avoir fait sa demande de visa, Monja a été contacté par QMM et a demandé pourquoi il avait décidé de regagner la capitale, Antananarivo, et pourquoi il voulait le visa. London Mining Network, une coalition de groupes de campagne anti-mines, a déclaré: “Il n’est pas clair pourquoi la multinationale étrangère aurait eu accès à cette information ou considère qu’elle a compétence pour interroger les citoyens malgaches de cette façon”.
          Les chercheurs ont mis en doute l’efficacité du système de compensation de QMM, tandis qu’un rapport de Re :Common a suggéré qu’il y avait un manque de consentement préalable et éclairé des personnes locales au sujet du programme.
           Les militants affirment que les projets de conservation de QMM perdent rapidement leur crédibilité. En octobre, le comité de biodiversité de QMM a démissionné, en déclarant que « Rio Tinto et QMM avaient réduit leur engagement à l’exploitation minière responsable en créant «une stratégie vague et fondamentalement affaiblie».
            Les membres du comité ont déclaré qu’il existait «un niveau de risque de réputation insoutenable» pour ceux qui ont continué dans leurs rôles actuels.
             Rio Tinto a déclaré dans une déclaration qu’il accueille la participation de toutes les parties intéressées lors de ses assemblées générales annuelles. “À plusieurs reprises au cours des dernières années, les représentants des communautés de Madagascar se sont rendus à l’AGA à Londres, ils ont répondu à leurs questions et nous avons pris des dispositions pour qu’ils rencontrent des membres du personnel exécutif pour discuter plus en détail de leurs préoccupations . “
                Il a ajouté que la compensation ne devait pas être considérée isolément. «Au cours de la phase minière active d’un projet tel que QMM, nous travaillons à réhabiliter et restaurer le site minier au fur et à mesure que le projet progresse. Chez QMM, nous menons des projets forestiers, agricoles et de la restauration forestière sur les terres minées afin d’équilibrer les besoins économiques des communautés hôtes avec la conservation d’un habitat biologiquement diversifié. Les sites de compensation de la biodiversité qui sont soutenus par QMM étaient toutes les zones protégées désignées par le gouvernement de Madagascar ».
               Un porte-parole de secrétariat d’Etat a déclaré: “toutes les demandes de visa au Royaume-Uni sont examinées sur leurs mérites et il incombe au demandeur de soumettre les éléments de preuve requis. «Nos agents d’immigration hautement qualifiés considèrent chaque demande de manière objective en fonction des règles d’immigration et il serait absolument faux de dire que leurs décisions sont influencées par des facteurs externes».

On ne fait que passer…

Il y a quelques jours un membre de la HCC est décédé. Alors que sa famille était encore dans le deuil, alors que l’enterrement n’a pas encore eu lieu, la question de celui ou celle qui va la remplacer était déjà sur toutes les lèvres : la personne ayant été nommée dans le quota présidentiel. C’est bien là la preuve que personne, absolument personne, n’est irremplaçable particulièrement ceux qui occupent des postes importants et qui croient que c’est grâce à eux que les choses avancent ou reculent. Aujourd’hui il y a dans l’entourage du Président de la République des personnes qui se croient impunies, qui agissent en détenteur de pouvoir, qui croient que tout leur est dû…ces personnes semblent oublier qu’elles ne sont pas irremplaçables et que si un jour elles passent l’arme à gauche elles seront remplacées aussi vite qu’elles sont parties. On ne fait que passer et autant faire le bien, c’est ce que l’on apprend à des petits enfants. Dans notre pays ces temps-ci la devise est on ne fait que passer alors autant se remplir les poches, autant préparer son exil. On ne fait tellement que passer et pour le politique tout le monde est remplaçable, nul n’est indispensable, si bien que le ministère de l’énergie est aujourd’hui géré à mi-temps par le ministre de l’économie comme si ce département ministériel n’a pas besoin d’un ministre à temps plein…Le ministre de l’énergie de l’époque décédé a Majunga il y a quelques mois n’est jusqu’à maintenant pas remplacé. C’est un ministre cumulard de plusieurs choses qui gère le ministère de l’énergie : il s’occupe de l’économie, de l’énergie et même du Comité pour la sauvegarde l’intégrité…à moins que celui là soit la personne indispensable pour tout et partout.

Claude Rakele

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