Affaire Claudine: Quid des autres dossiers de l’IGE ?
Claudine Razaimamonjy est une simple citoyenne et son inculpation n’est point une affaire d’Etat. Ainsi s’est exprimé le nouveau ministre de la Communication dans un communiqué officiel diffusé dimanche soir. Diversement commenté, ce communiqué n’est plus ni moins que le premier diffusé par le régime sur l’affaire Claudine, le ministre de la Communication n’étant d’ailleurs que l’un des porte-paroles du gouvernement avec la ministre de la Population.
Brisant le silence assourdissant du pouvoir, ce communiqué tend à confirmer la perception d’une frange de l’opinion publique selon laquelle le président Rajaonarimampianina est bien à l’origine de cette affaire. Les faits l’attestent d’ailleurs avec l’ordre de mission n°001-PRM/SGP/DGIGE du 10 mars 2015 qui émane de la présidence et fixe les missions permanentes de la Direction générale de l’Inspection générale de l’Etat (IGE). L’ordre de mission est réitéré par une note de service du DG de l’IGE ordonnant 2 inspecteurs généraux de l’Etat à procéder à la « vérification de la gestion administrative, financière et comptable de la Direction des Concours Financiers auprès du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation ».
C’est au cours de cette vérification que les deux inspecteurs de l’IGE ont constaté dans la commune rurale d’Ambohimahamasina « l’affaire ». En cette période, il n’a été question de Claudine Razaimamonjy mais plutôt d’une certaine Raharimanantsoa Saholinirina Jacqueline. Introuvable après deux convocations de l’IGE, cette dernière demande à la Gendarmerie nationale d’agir. Ayant probablement constaté que la Raharimanantsoa ne serait que le prête-nom de Claudine Razaimamonjy, un mandat de recherche et d’arrestation contre cette dernière a été émise. C’est ce qui avait provoqué cette affaire, après notamment que « La Gazette de la Ile » ait annoncé en page le mandat de recherche et d’arrestation de la Gendarmerie à l’endroit de Mme Razaimamonjy.
Aucun démenti n’a été apporté à nos articles successifs jusqu’à l’annonce du Bianco sur l’absence de réponse de Mme Razaimamonjy à sa double convocation. Convocation qui est forcément connue du Chef de l’Etat en tant que chef hiérarchique du Bianco. Ce constat ramène au fait que l’enquête de l’IGE a été aussi diligentée par la présidence. Difficile pourtant de croire que le président de la République veuille s’attaquer directement à celle qui a été son sponsor. Histoire de dédommager le chef de l’Etat, Claudine Razaimamonjy sera la victime collatérale d’une action d’assainissement.
Si l’hypothèse suit la logique observée depuis par le président de la République, on devrait s’attendre à la révélation de plusieurs dossiers impliquant de près ou de loin Claudine Razaimamonjy et les barons du HVM. D’après les informations circulant sur les réseaux sociaux, l’opératrice économique serait au centre de plusieurs autres affaires. Sans donner de détails, le Bianco l’a d’ailleurs annoncé en indiquant la poursuite des enquêtes sur d’autres dossiers impliquant la dame. S’agit-il des nombreux transferts par milliards vers l’ambassade de Paris mais effectués au profit d’une certaine: Fanjananirina Lalao Jeanne et de Raharimanantsoa Jacqueline ?
Toujours est-il que si Claudine Razaimamonjy paraît être une victime collatérale de l’action du président Rajaonarimampianina, on ne peut que l’encourager à poursuivre dans cette voie. C’est le seul et unique moyen pour espérer cultiver un nouvel espoir pour ce pays, une Nation avec moins de corruption et beaucoup plus de justice. Est-ce ce dont nous avons vraiment besoin ?
Sa