Bois de rose: 50 millions de dollars, bloqués à Singapour
Le jugement sur les bois de rose de Singapour n’est finalement qu’une demi-victoire pour la Grande Ile, voire pas du tout. Les 50 millions de dollars de bois précieux sont pour le moment intouchables.
La ministre de tutelle l’a avoué avant-hier suite aux questions des membres de la presse sur le sort de ce butin. Selon ses explications, la permission pour que Madagascar puisse bénéficier de cette marchandise attend encore une décision du tribunal local. Un avocat international serait en train de négocier pour Madagascar.
Un mois après le verdict, les responsables malgaches ne réussissent toujours pas à trouver une issue pour faire bénéficier au peuple ces richesses qu’ils ont déjà laissées filer. Cette implication des autorités de l’époque dans cette exportation illégale expliquerait d’ailleurs la méfiance de la justice singapourienne. Pire, même si la marchandise est accordée à Madagascar, elle ne peut toujours pas commercialiser officiellement ce butin, suite à l’embargo que la CITES lui impose depuis l’année dernière face aux gabegies en matière d’exportation illégale de ressources naturelles. Bref, le peuple malgache ne peut jouir de sa richesse naturelle à cause des bêtises de ses dirigeants. D’ailleurs, l’opérateur asiatique reste le seul acteur encore jugé dans cette transaction illégale. Ses complices malgaches obligatoirement bien placés, sans lequel il n’a pu faire sortir les rondins de Madagascar, ne sont toujours pas poursuivis.
Pour rappel, le verdict de la Cour suprême de Singapour sur cette exportation illicite de 30 000 rondins de bois de rose en provenance de Madagascar en 2014 a condamné Wong Wee Keong, directeur général de la société Kong Hoo responsable de l’exportation, le 30 mars dernier, après deux acquittements successifs en 2015 et en 2016. Quoi qu’il en soit, ces 50 millions de dollars représentent une belle somme pour secourir la population de sa détresse actuelle. Sauf bien sûr si elle arrive un jour et ne disparaît pas en route.
Nomena E.