La chasse est ouverte : HVM contre HVM !
Sourdes et sournoises effervescences du côté de Tsimbazaza, même si aucune formation politique ne revendique pas encore publiquement la paternité d’une motion de censure que quelque part on envisage sérieusement pour faire sauter un Premier ministre accusé de tous les maux. Jusqu’à ce jour, il n’est question encore que de toute une série d’insinuations sur des suspicions à la limite de la malveillance à l’endroit d’un Chef de gouvernement que dans le système on aimerait bien larguer sans ménagement, mais qui, fort d’on ne sait quel soutien dans l’ombre, nargue ses détracteurs et agit encore comme si de rien n’était.
Pendant que dans les coulisses du pouvoir on ne donne plus cher pour la peau d’Olivier Mahafaly et qu’on se triture les méninges pour le voir sortir avec ses valises la queue entre les jambes, le premier concerné continue d’agir comme si de rien n’était et de vaquer aux occupations officielles par la constitution à lui attribuer. On le voit bomber le torse et toiser du haut de sa stature grandeur nature les comploteurs que les circonstances institutionnelles obligent à se frayer avec lui…Hasard des calendriers ou capricieuse coïncidence des décideurs de presque tous les pays, le premier mardi du mois de Mai de chaque année, presque toujours l’ouverture de la période de chasse aux gibiers est autorisée par les autorités administratives. Juste au moment où les députés inaugurent la première session ordinaire de l’année législative. Même chose pour la fermeture de la chasse qui se situe également pas très loin de seconde session ordinaire annuelle. Ironie du sort, la différence frappante est que cette année, le gibier en question selon des rumeurs très, très persistantes, des esprits malveillants pour faire plaisir aux cerveaux d’un vrai complot qui consiste à se débarrasser de celui qui a choisi de se conduire en chef de file d’un gouvernement de combat…électoral. En haut-lieu, il semblerait qu’il serait acquis que les prochaines consultations électorales (présidentielles et législatives) peuvent se passer d’un éminent stratège de l’administration territoriale qui sans en avoir l’air a été l’artisan caché des succès électoraux d’un parti H.V.M qui n’avait point l’ombre d’une base de décollage en 2013. Les mauvaises langues racontent partout, à tort ou à raison, que si dans les coulisses du Palais d’Etat d’Iavoloha et dans la discrétion des couloirs sombres d’Ambohitsorohitra, on avait décidé de sacrifier une pourvoyeuse des financements politiques du parti présidentiel, c’est parce que dans les rangs du H.V.M les nouveaux riches de tous les trafics illicites et d’influence surtout se sentent assez solides pour faire face aux exigences des prochaines campagnes électorales. Bref, le régime peut se passer de Claudine, ce citron qu’on a trop pressé et qui n’est plus sortable aux yeux de la communauté internationale.
Sur le terrain de la politique politicienne, même si un trio déjà tristement célèbre pour acheter les consciences se mobilise déjà…Ces trois députés se cachent à peine pour jouer les corrupteurs avec dextérité que jusqu’à ce jour, même les limiers de Bianco n’ont vu que du feu ou n’osent pas s’en prendre à eux. Combien de fois les médias furent courtisés pour la diffusion de séquences très compromettantes de distributions de « vola » ? Il faut entendre par-là des paquets de billets de banque de l’ordre de plusieurs dizaines de millions par tête de pipe et au minimum de 5 ou 2 millions de francs) provenant des mallettes réservées pour les grandes circonstances qui nécessitent. Mais chose étrange aucune de ces personnes ressources pour la mauvaise gouvernance n’a encore été interpellée ou seulement montrée du doigt par la justice.
Difficulté de la procédure de la mise en accusation d’un parlementaire doté d’une immunité oblige. Et puis, il faut bien reconnaître que ce ne sera jamais une partie prenante de cet argent sale qui osera venir témoigner contre l’agent recruteur pour la collecte des signatures ou pour lever la main et voter dans tel ou tel sens souhaité par l’exécutif. A l’heure qu’il est, le problème se complique. Si dans les rangs de ceux qui veulent la tête d’Olivier Mahafaly les motivations divergent, finalement l’unanimité risque de voler en éclat quand il s’agira de passer aux votes qui en principe seront secrets. Ce n’est pas parce que parmi les « Zanak’i DADA » de l’obédience Marc Ravalomanana le limogeage de Roland Ravatomanga est une insulte qui ne se lave qu’avec la déstabilisation par l’intérieur du régime, dans les autres formations politiques ayant pions à l’Assemblée Nationale, qu’il faut hurler avec ses jeunes loups. Pour rien au monde, chez le MMM, le MAPAR et leurs satellites, il ne sera jamais question de faire le lit d’un «revenant qui ne pensent qu’à l’extension de son empire industriel déjà suffisamment gigantesque pour afficher que « SHOPRITE », est une grosse pointure dans toute l’Afrique. Il n’y a pas de quoi être fier quand tout le monde sait très bien qu’il s’est bassement servir des deniers de l’Etat pour en tirer profit. La bataille risque d’être chaude cette fois-ci, les enjeux ne sont plus ni convaincants, ni mobilisateurs. Seuls les chiffres annoncées et réellement remis entre les mains des parlementaires pourront faire basculer les alliances au profit ou détriment de ce Premier ministre que certains aimeraient voir rejoindre l’une de ces sinistres prisons de notre capitale. Avant lui déjà, sous le règne de Marc Ravalomanana, un autre Chef de gouvernement avait raclé les fonds de tiroir de Mahazoarivo en 2009, sans que personne ne s’en émeuve. A propos de Marc Ravalomanana, au seul bruit de son nom, on ne peut que se souvenir de ces 60 Milliards volés à Manakara, ces 700 Milliards volés à l’Etat, ces plus de 200 milliards détournés à la Banque Centrale de Majunga… Pendant qu’ils y sont nos députés, pourquoi ne pas proposer aussi la déchéance d’un président ? Pourquoi cette partialité trop flagrante?
Noel Razafilahy