Emmanuel Macron président: Les raisons d’un choix

Le fonctionnaire, banquier natif d’Amiens, malgré un certain scepticisme de l’opinion parmi les électeurs français de Madagascar avant le premier tour de l’élection présidentielle, a réussi à retourner une situation que ses détracteurs croyaient perdue d’avance. Derrière ce retournement de situation, il y avait d’abord cette assurance du candidat du mouvement « En Marche ». Celui qui sera le successeur de François Hollande, avec force de persuasion, draine les votes dans le sens de cet espoir et cette volonté de renouvellement de la pratique politique de son pays auxquels il tenait tant. Pour en savoir plus sur la victoire du personnage auprès de l’électorat local, nous avons eu un entretien exclusif avec Fleury Rakotomalala, un des dirigeants de ces comités artisans, dès la première heure de la campagne en faveur d’Emmanuel Macron.

La Gazette de la Grande Ile : Après les effervescences de ce processus électoral de 2013, on n’a plus entendu parler de vous l’acteur politique très connu à Madagascar. Pourquoi ce long silence pour apparaître au moment où personne ne s’y attendait ?

Fleury Rakotomalala : Il y a un temps pour tout et je vais vous répondre par une citation de Henri-Fréderic Amiel qui a dit ceci : « Le silence me plaît au point que par goût, je ne parle plus… »

+ Comment expliquez-vous cette écrasante victoire d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen au sein de l’électorat français de Madagascar ?

– Faisant partie d’un groupe travaillant pour l’élection Emmanuel Macron avec les comités de France en Marche, Madagascar en Marche, Océan Indien en Marche et Antananarivo en Marche que nous remercions au passage, nous avons choisi de soutenir le candidat le plus indiqué pour réaliser les aspirations profondes des citoyens français qui vivent dans cette île. Séduits et convaincus par le bien-fondé de ce courageux et réaliste programme de disponibilité et de sa conviction, nous avons œuvré pour amener nos compatriotes à adhérer à la recherche sincère de la concrétisation «de la sécurité à la francophonie, des migrations au commerce, du développement à la biodiversité, de la culture aux droits humains.»

+ C’est tout à fait compréhensible et très séduisant comme objectifs, mais quelles sont les raisons profondes de votre choix pour l’homme politique que représente Emmanuel Macron ?

– Elles sont plusieurs. D’abord parce qu’il incarne la nouvelle politique de la France. Il voulait le renouvellement de la classe politique par le rassemblement. Le président Emmanuel Macron a su convaincre beaucoup de jeunes, des nouveaux venus dans le monde politique. Déjà par son programme progressiste qui écarte toute forme de clivage séparatiste, il a banni cette division entre les partis de gauche et de droite. C’est une personne dotée d’une énorme capacité d’écoute. Mais ce qui a été décisive pour nous, c’est parce que lui, il sait mettre en confiance et à l’aise ses interlocuteurs. C’est la raison pour laquelle dès le premier tour, il a décroché un résultat historique malgré les appels à l’abstention assez marqués.

+ Est-ce que vous faites partie de ceux qui ont pris le train en marche ?

– En France, le mouvement « En Marche » a été créé le 7 avril 2016, nous dans le comité que je dirige nous avons choisi de participer activement à la campagne dès le mois de juin 2016 avec des dizaines de membres et sympathisants bi-nationaux aussi bien à Madagascar qu’en Métropole. Avec l’aval du Directoire du mouvement à Paris.

+ Au début de l’élection présidentielle, les gens ne croyaient pas du tout que votre candidat allait gagner. Etiez-vous au courant de cette forme de réticence ?

– Nous avons été assez lucide pour savoir cette méfiance que ceux d’en face distillait à l’endroit de notre candidat. Grâce aux valeurs véhiculées par Emmanuel Macron, nous avons mis toutes les chances de notre côté pour que les électeurs sachent sur qui ils peuvent compter pour assurer le bien-être des futures générations de la France forte dans une Europe forte…

+ Comment avez-vous fait pour motiver les électeurs afin de choisir le candidat Emmanuel Macron ?

– Les travaux des 4 comités consistaient à convaincre les électeurs de la nécessité de voter pour celui qui sera capable de mettre en place la libre circulation des personnes en évitant de restreindre les libertés d’autrui. Les victoires des résultats de deux tours successifs : Emmanuel Macron classé 1er avec 34,5 % des votes contre 9,7% pour Marine Le Pen. Puis au second tour, de nouveau notre candidat décroche la première place avec 85,3% contre 14,7% pour sa concurrente.

+ Le président est maintenant élu, vous qu’est-ce vous attendez de lui ?

– Personnellement, je suis contre tout acte et toute action intéressées. La victoire du président Emmanuel Macron est pour moi une satisfaction personnelle et intellectuelle. Il faut reconnaître que notre lutte a été un véritable défi. C’est vrai que personne ne croyait que nous et le mouvement En Marche on allait réussir. On nous avait même traité de tous les noms. Mais à force de croire aux idées nouvelles apportées par notre candidat nous avons fait nôtre ce conseil d’Henry Ford qui disait : « Lorsque tout semble aller contre vous, souvenez-vous que les avions décollent toujours face au vent… » L’essentiel pour nos comités a été d’avoir su montrer que notre candidat avait une parfaite connaissance des dossiers politiques, économiques et stratégiques. Pour nous donner raison, Barrak Obama, Trump, Angela Merkel et Trudeau ont montré aux yeux du reste du monde qu’on pouvait faire confiance au président Emmanuel Macron. Aucune des actions du mouvement des comités n’a été accomplie par hasard, tout a été mûri, mis en action conjointement avec la direction centrale de Paris.

+ Maintenant que le président sera opérationnel, quels engagements allez-vous prendre vis-à-vis de ces électeurs qui ont suivi votre mouvement pour élire Emmanuel Macron ?

– Pour les Français de cette île, nous allons tendre vers la sécurisation de cette communauté des bi-nationaux qui sont souvent victimes des kidnappings. Puis, il faut aussi veiller à revoir les frais de scolarité qui coûtent trop chers pour les Français de l’étranger par rapport à ceux des étudiants de France. Les mêmes statuts et avantages doivent être appliqués pour les couvertures sanitaires pour les Français de France et ceux de Madagascar. Personnellement, je suis rassuré par les premières déclarations officielles et télévisées du nouveau président. « Il est de ma responsabilité de les entendre en protégeant les plus fragiles, en organisant mieux les solidarités, en luttant contre toutes les formes d’inégalités ou de discrimination », a-t-il promis. Emmanuel Macron s’est engagé à «retisser les liens entre l’Europe et les peuples qui la forment, entre l’Europe et les citoyens ».

+ Certains vont s’imaginer qu’en participant à cette campagne d’élection du président Emmanuel Macron, vous avez sûrement un calcul électoral pour l’avenir ?

– Guillaume Penn avait dit un jour : « Mieux vaut ne rien dire que parler mal-à-propos. Il faut choisir le temps et les paroles. » Ce n’est ni le moment. Et la question n’est pas d’actualité. Laissez parler les gens ! Le mot de la fin : j’invite les électeurs à mettre en place la majorité présidentielle qui va nous permettre logiquement de réaliser ensemble le programme du président Emmanuel Macron.

Propos recueillis par

N. Razafilahy

Commentaires   

0 #1 Ando 15-05-2017 12:16
Un candidat “socialiste” mais pro-business. Faut dire cela en face de Jean-Paul Sartre, ou Rosa Luxemburg.

Une gauche francaise qui est bien a droite de De Gaule maintenant, bien disposee a renouveler les contrats touchant les iles eparses…
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