Bien être du peuple ?: Ils n’arrêteront pas !
De nombreux observateurs ont attendu l’ouverture de la session parlementaire. Ou plus précisément, les sujets qui allaient être abordés. Si les principaux faits d’actualités traités de l’insécurité, de la malnutrition dans le sud ou encore de l’indépendance effective de la justice, au sein de l’Assemblée nationale, les priorités étaient tout autre. Mais au cours de ces derniers jours, cette institution n’est pas la seule qui doive être pointée du doigt.
L’alerte à la famine a été déclaré dans la région sud de Madagascar. Mais pas que ça. Dans son rapport, a également fait mention de l’insécurité alimentaire qui menace actuellement cette partie du pays. Et sans les dons faramineux émanant de l’Union européenne ou encore de l’UNICEF il aurait fallu se faire à l’idée que la population de cette zone va mourir de faim. À l’autre bout de l’île, la flambée des prix tend à se ressentir grandement au niveau des ménages. Tout comme aux extrémités, la situation au centre est chaotique notamment avec l’insécurité, la corruption et la baisse de distribution de l’énergie électrique. Il faut bien reconnaître que ce dernier cas est général à tout le pays. Aux yeux de nos élus, la conjoncture actuelle n’est pas suffisamment inquiétante pour être mis à l’ordre du jour. C’est ainsi qu’au cours de cette session parlementaire, l’éternel sujet sur les avantages parlementaire a été mis au goût du jour. En l’occurrence, il s’agit de l’attribution des véhicules tout-terrain. Faut-il rappeler que ce type de véhicule à une grande consommation en carburant ? Les députés le savent pertinemment et n’auront aucun scrupule a demandé que les tickets de carburants soient également compris dans leurs avantages particuliers. Face à ce mode de gestion politique de très haut niveau, le commun des mortels ne cessera de demander s’il n’est pas plus intelligent de voter un projet de loi visant à réhabiliter les infrastructures routières ? De cette manière, tous les citoyens pourront circuler d’un bout à l’autre du pays.
Parmi les sujets chauds de l’actualité, figure également, l’incapacité de la JIRAMA à combler le gouffre financier dans lequel il se trouve. Si le recrutement du Directeur général de ladite compagnie a été fait par un cabinet international, c’était surtout pour assurer un minimum d’indépendance dans le choix des candidats. Beaucoup était convaincu qu’il s’agissait de la bonne personne à la bonne fonction. Beaucoup, mais pas tous. En effet, le régime actuel grâce à ses magouilles habituelles a réussi à réduire la marge de manœuvre de ce dirigeant en se plaçant majoritairement dans le Conseil d’Administration de la JIRAMA. Quand on sait que le PCA lui-même a fait tout son cursus dans l’hexagone, on est en droit de réclamer plus de lumière sur cette nomination. Un expatrié de plus dans de hautes fonctions ?
Pour en revenir à la session parlementaire, la motion de censure évoquée n’est passée qu’en coup de vent, car, à en croire les dires du Président de la Chambre basse, aucune doléance n’allait dans ce sens. C’est vrai qu’il suffit de regarder dans la bonne direction, de s’entourer des bonnes personnes et de tout faire pour que la vérité n’apparaisse pas au grand jour. En définitive, les futurs morts de faim pourront attendre l’arrivée des 4×4 avant d’avoir une once d’espoir sur leurs sorts. Vivement la campagne présidentielle pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent.
Johan R.