Bataille entre « Mada omby » et la gendarmerie: « Le commandant de groupement de Bongolava menace la coopérative »
Ce n’est pas uniquement à la coopérative Mada omby que ce responsable de la gendarmerie de Tsiroanomandidy porte atteinte. Mada omby, c’est plusieurs milliers de membres qui travaillent dans la filière bovine. Cette menace lancée par le commandant de groupement de Bongolava concerne toute une filière ainsi que des milliers de familles.
La menace ordonnait au président du Conseil d’administration de Mada Omby à cesser les appels aux journalistes et au gouvernement concernant le vol de plus de cent têtes de bétail qui a eu lieu jeudi dernier à Orimbato, district de Morafenobe. D’après les affirmations de Tahiry Sambehafa, les membres de la coopérative ont à présent peur de leur vie. Une présentation d’excuses est aussi réclamée par ce gendarme qui a menacé le président par téléphone.
Pire encore, les activités de Mada Omby sont actuellement suspendues car les responsables refusent de signer les FIB (fiches individuelles de bovidés) et le délégué d’Etat s’affiche sur la même position à ne pas fournir des autorisations de sortie pour ces bétails en l’absence de cette signature de la gendarmerie. Ainsi, presque 1 000 bœufs sont-ils bloqués à Tsiroanomandidy au moment où l’on met sous presse.
Une décision a donc été prise par la coopérative Mada Omby en cessant l’approvisionnement de Tsiroanomandidy, destiné pour Antananarivo. Une décision qui ne sert à rien, vu que la gendarmerie s’en est déjà chargée à ne pas agréer les FIB. D’après son PCA, Tahiry Sambehafa, le stock de bovidés de la capitale n’arrivera qu’à satisfaire les besoins des Tananariviens que pour la semaine prochaine. Une rupture de stock de viandes de bœuf est donc à prévenir si le conflit entre la coopérative et la gendarmerie ne cesse pas. Il est important de souligner que Mada Omby est garant des 85% de l’approvisionnement de la capitale.
Suite à ce combat qui oppose la coopérative et la gendarmerie, l’avenir de la filière est en jeu. Sans parler de l’emploi d’une grande partie de la population qui est contrainte de se soumettre aux manoeuvres des certaines figures qui en même temps ruinent l’image du métier tout entier.
Une demande d’annulation des droits de vérification, qui est à l’origine de la discorde entre les deux parties, est adressée au secrétaire d’Etat à la Gendarmerie. Un autre document montrant la somme que doit payer la coopérative, par tête, a aussi été présenté. Ce document montre qu’aux passages des points de vérification, 17 000 ariary est en moyenne versé en plus des 10 000 ariary pour les gendarmes, 5 000 ariary pour les policiers,
1 200 ariary pour le complément du passeport et 1 000 ariary pour le FIB. Au total, 43 000 ariary par bœuf si l’on ne parle que le trajet Bemoto-Talata qui par d’Antsalova.
Suite à la première conférence de presse, tenue par Mada Omby lundi dernier, accusant des gendarmes d’être derrière le vol de quelques centaines de têtes, la gendarmerie ne croise pas les bras. Une source auprès de la gendarmerie a affirmé qu’une réunion a été tenue hier, focalisée sur ce problème. « La gendarmerie tente de redorer son image et la coopérative a su tenir tête à ces autres éléments ». D’après les explications qui nous ont été parvenues, la gendarmerie se réjouit de cette initiative de la coopérative pour pouvoir améliorer l’image du corps que quelques têtes ont réussi à bouleverser.
Le général Anthony Rakotoarison, directeur de la sécurité et des renseignements au sein de la gendarmerie nationale, une enquête est déjà en cours sur ce vol. Mais ce qui étonne, c’est qu’aucun renseignement n’a été révélé sur le sort du commandant.
Annie N.
Commentaires
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