Déclaration de guerre…: Le SMM ne recule pas !

Après la déclaration de guerre lancée par Mahafaly Olivier, Premier Ministre, accusant les membres du SMM (syndicat des magistrats de Madagascar) de déstabilisation, la riposte du syndicat ne s’est pas fait attendre. Partagé hier sur les réseaux sociaux par Fanirisoa Ernaivo, présidente du syndicat, un communiqué faisant réponse à la déclaration du Chef du gouvernement dénonce les intimidations et menaces de poursuites judiciaires faites à l’encontre des membres. Et que cela relève de la pure volonté de faire obstruction à la bonne marche de la justice.

Menace contre menace, les magistrats ont aussi réitéré à ce que le ministre de la Justice et le Gouvernement « se mêlent de leurs affaires » et leur laisser faire leur travail, mais surtout à ce que la loi soit appliquée et respectée à la lettre. « En outre, ils n’ont également pas intérêt à s’interférer dans la bonne marche de la Justice en menaçant les magistrats de poursuites judiciaires dans l’exercice de leur fonction. », indique le communiqué.  

Après avoir marqué l’intérêt de tous, la qualification des magistrats comme étant des acteurs de déstabilisation a aussi frappé l’esprit des magistrats. Mais si assurer ses fonctions était un crime, qui fera appliquer le principe d’égalité de tous devant la loi, principe de base de l’Etat de droit ?

Encore sur la nature de l’affaire impliquant Claudine Razaimamonjy de corruption, le communiqué du bureau national du SMM souligne que le syndicat est « offusqué par la position et l’implication directe du Gouvernement dans l’affaire Dame RAZAIMAMONJY Claudine, alors que lui-même a déclaré que cette affaire n’est pas celle de l’Etat ». Il est à la connaissance de tous que la menace visait les membres du syndicat, surtout suite à sa dernière intervention à l’Hjra.  

Il n’est pas une chose nouvelle que les dirigeants ou des hautes personnalités usent de leur pouvoir dans des affaires de justice et cela marche bien apparemment. Mais si à la seconde où on refuse de coopérer, on fait pression sur ces individus et on les menace. C’est aussi ce qui arrive aux membres du syndicat de Madagascar en ce moment et les citoyens attendent beaucoup d’eux. Surtout qu’ils n’ont plus droit pour faire machine arrière. Et si le Premier Ministre est si agressif à propos de la protection de la tête de Claudine, il est fort probable que c’est pour assurer ses arrières.

Annie N.