Tous en lice

En l’espace de quelques jours, le discours entendu des diplomates porte sur des élections inclusives, pas de “ni (Ravalomanana), ni (Rajoelina)” cette fois-ci pour les élections de 2018. On imagine donc aisément des élections avec entre autres Ravalomanana et Rajoelina et certainement Rajaonarimampianina. Si la nouvelle réjouit les fanatiques des trois, elle laisse de marbre ceux qui n’ont porté aux nues aucun des trois “cabaleros” précités et qui espèrent d’autres candidatures moins sulfureuses et surtout plus patriotes que les trois ; elle rend inquiets ceux qui se sont habitués à voir l’amnésie collective des Malgaches, ceux qui arrivent à redonner virginité à des anciens dirigeants qui ont mis à genoux le pays, pillé le pays, réduit à néant les chefs d’entreprise qui leur faisaient de l’ombre, qui ont tout fait pour s’accrocher au pouvoir sans pour autant contribuer au développement du pays et à la lutte contre la pauvreté ; elle rend très dubitatifs ceux qui se sont accrochés à rester au pays, ceux qui ont fait le choix de rentrer au pays et qui parfois regrettent et rêvent de partir ailleurs. Il est en effet étrange que lorsqu’on parle d’élections, on imagine toujours ceux qui avaient déjà dirigé le pays, comme si en dehors de ces têtes connues qui rêvent tous de rempiler il n’y a personne d’autres. En même temps, les sauts dans le vide, les sauts vers l’inconnu n’ont rien apporté de bon pour le pays jusque là, surtout que les novices qui débarquent s’entourent systématiquement de vieux loups qui tournent leur veste au gré du vent sans aucune idéologie précise. Le Riana Andriamandavy en est un exemple type. On s’attend donc à voir une kyrielle de candidats, des anciens dirigeants, des candidats qui se sont déjà présentés, de nouvelles têtes inconnues au bataillon…Mais surtout non seulement il ne faut des élections libres, crédibles et transparentes mais surtout que les électeurs aillent voter et que leurs voix ne soient pas détournées. C’est mille fois plus important que cette histoire de pas de “ni,ni”.

Claude Rakelé

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