Publié le 06 mars 2020
A quand reprendront les activités de QMM et de Base Toliary? Quelque peu inconscients, les travailleurs de ces sociétés ne se soucient guère de la suspension sine die de leur société du moment qu’ils continuent d’être payés. Quatre mois après sans que personne ne sache ce que fait le ministre des Mines, Fidiniarivo Ravokatra, et son équipe, les questions commencent à se poser. Au niveau des investisseurs en général et des opérateurs miniers en particulier. On se demande notamment si Madagascar a vraiment besoin ou non des investisseurs ?
Toujours est-il que l’interview radiotélévisée du ministre, la semaine dernière, n’est pas pour rassurer la communauté des affaires. Il a annoncé qu’on a terminé les termes de référence de l’enquête à réaliser sur QMM et qu’on lancera bientôt l’appel d’offres. Cela ne sous-entend-il que, la suspension prendra encore plusieurs mois et la décision prise par l’Etat malgache après cette enquête, QMM aura perdu beaucoup d’argent en dépenses diverses et en perte d’exploitation car ne produit pas.
Il en est de même pour Base Toliara dont, selon le ministre, on vient seulement de recueillir les informations complémentaires pour pouvoir examiner le dossier. On voit bien que M. Ravokatra n’est pas actionnaire de ces sociétés et qu’il s’en fout complètement de l’argent perdu. Aussi se demande-t-on si sans préjuger de ses compétences en matière minière, il est vraiment la personne indiquée pour gérer ce secteur si important pour le pays.
D’après les spécialistes du secteur, le facteur compétitivité est fondamental. La compétitivité porte d’abord sur la mine à exploiter. A combien est-elle évaluée ? Quels sont les coûts et disponibilité des facteurs (énergie et eau, construction, port, communication, salaires …) ? Quel est le degré de stabilité juridique du projet ? Quel serait le taux de rentabilité ?
Notre ministre comme tous les dirigeants doivent avoir dans leur vision ces questions avant de déterminer une politique des mines. Malheureusement, on croit savoir que le ministère des Mines est parti sur de mauvaises bases en voulant remanier le code minier. C’est le projet de refonte qui est d’abord contester par les opérateurs déjà sur place et les investisseurs potentiels. Ce refus de nouveau code minier date du régime Rajaonarimam-
pianina. Finalement, la chute drastique des cours des matières premières ont conduit les dirigeants d’alors à ne rien changer.
A l’avènement du président Rajoelina, après élection, on mise beaucoup et non sans raison sur les ressources minières. Les débats enflent et critiquent les taux de redevances fixées par les textes. Depuis, l’on parle de changement du code minier. Entre temps, on aura remarqué que de hauts responsables japonais, coréens et canadiens n’ont pas manqué de faire part aux autorités, malgaches de ne pas toucher aux lois en vigueur. Ils ont insisté sur la stabilité juridique qui est importante pour les sociétés minières dont les investissements sont très lourds, le retour long et la rentabilité au bout de quelques dizaines d’années seulement. Or chez nous, on a tendance à changer la loi à chaque changement de régime, au bout de 5 ans seulement. Dans ces conditions, quel investisseur viendrait chez nous alors que le pays a besoin de capitaux, de technologie et même de main-d’œuvre qualifiée.
Qui sait si indépendamment des cours qui se sont légèrement repris, Soalala soit bloqué par cette histoire d’instabilité juridique et la gourmandise de la partie malgache. Ce projet d’exploitation de fer, sur la côte ouest, a été attribué aux Chinois de la société Wisco moyennent le « paiement » de 100 millions de dollars. Depuis rien ne bouge alors que ce projet d’environ 10 milliards de dollars (plus important qu’Ambatovy à Toamasina) devrait catalyser le développement de cette importante région productrice si on y calquait les acticités annexes d’Ambatovy, notamment en matière de développement inclusif. Il devrait aussi apporter beaucoup pour le pays.
Sa