Publié le 11 juin 2022
Sans oser l’avouer ouvertement par le biais des observateurs lucides, la majorité des citoyens de ce pays est confrontée au dilemme quotidien. A cause des réalités ambiantes du contexte socioéconomique et politique, il y a un choix qui s’impose de lui-même. Madagascar doit-il vraiment se doter d’urgence soit d’un autre Chef d’Etat ou seulement d’un nouveau Chef de gouvernement ? Avant réfléchir plus profondément sur la question, voyons d’abord ce que dit la Constitution actuellement en vigueur sur les attributions de ces deux dirigeants de l’Exécutif…En vertu de l’article 45 de la Loi Fondamentale, un président de la République est «élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Il est le garant, par son arbitrage, du fonctionnement régulier et continu des pouvoirs publics, de l’indépendance nationale et de l’intégrité territoriale. »
Parce que surtout «Il veille à la sauvegarde et au respect de la souveraineté nationale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est le garant de l’unité nationale. Le président de la République assure ces missions dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la présente Constitution. (…)» Il reste et demeure donc en fonction jusqu’à l’expiration de son mandat de «cinq ans». En ce qui concerne le Chef de gouvernement, l’article 54 de la Constitution a prévu que «Le Président de la République nomme le Premier ministre, présenté par le parti ou le groupe de partis majoritaires à l’Assemblée nationale. » En 2018, Hery Rajaonarimampianina est bien victime d’un « coup d’État (…) pas militaire, comme le furent certains de ses prédécesseurs, (…) mais bien constitutionnel. » Comme « s’il s’agissait de parer au plus pressé après la mort de plusieurs manifestants, le 18 avril, en lui imposant la formation d’un nouveau gouvernement, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a bousculé le jeu politique. » Euphémisme journalistique pour souligner le fait qu’à titre exceptionnel «au terme d’un week-end d’âpres négociations, Hery Rajaonarimampianina a nommé Christian Ntsay au poste de Premier ministre.(…) »
En clair, en agissant de la sorte, les membres de la Haute Cour Constitutionnelle «ont en revanche sérieusement rebattu les cartes en exigeant la nomination de Christian Ntsay » d’une manière extraconstitutionnelle. Or, il se trouve qu’un tel Chef de gouvernement censé mettre «en œuvre la politique générale de l’État » n’a pas fait preuve d’efficacité… Pour assurer «l’exécution de loi », le système judiciaire fonctionne mal avec les couacs des juridictions quant « à l’exécution des décisions de justice », l’envolée des divers trafics impunis. Le Premier ministre n’arrive pas à assurer le « contrôle de l’administration et le fonctionnement des services publics, de la bonne gestion des finances des collectivités publiques et des organismes publics de l’État. » Pour ce qui est d’assurer «la sécurité, la paix et la stabilité sur toute l’étendue du territoire national dans le respect de l’unité nationale », on ne peut pas compter sur lui. Pour preuve, les vols de bœufs ne sont pas maîtrisés et la résurgence actuelle de la panique sur les enlèvements alors que les forces de l’ordre ne demandent qu’à bien servir le public.