Publié le 11 juin 2022
(Une verrue sur le visage : la laisser, c’est une tare. La couper, c’est une douleur)
L’élan du Président de la République, en plein discours lors du colloque national sur le foncier, a été coupé par une coupure de courant curieusement applaudie par l’assistance.
Était-ce pour narguer un peu Mamimbahoaka qui n’avait cessé à l’époque de tirer sur son prédécesseur. Ce dernier avait imprudemment pris l’engagement de régler le problème de la Jirama dans les 3 mois s’il était élu.
Plus de 3 ans après l’élection du Chef de l’Etat, force est de constater que la situation de fourniture d’énergie électrique n’a cessé d’empirer. Pire, aucune solution en vue ! Le ministre de l’énergie en est encore à parler d’audit de la consommation. Et aucune vision à long terme car le projet de barrage de Volobe reste toujours en suspens !
Ce n’est que maintenant que le ministre Goly s’apercevrait que la Jirama consomme 270 grammes de carburant au lieu de 230 grammes pour produire 1KWH. Selon un ingénieur retraité de la Jirama, de son temps, produire 1KWH brûlait 200 grammes de carburant et c’était un indicateur important suivi au jour le jour. Selon le jargon des techniciens, si la consommation dépasse 200 grammes par KWH, on dit que le moteur « pisse » et il fallait alors voir rapidement le pourquoi. Pas besoin d’auditer les factures pour estimer les détournements !
Cela veut dire simplement que la Jirama n’est pas du tout gérée, ou bien quelqu’un a sciemment décidé de ne plus suivre un tel indicateur de façon à faciliter les détournements. Ce ministre était directeur général de l’énergie et à ce titre admnistrateur de la Jirama. Il ne peut donc pas se dédouaner de ses responsabilités.
Coupure de courant au CCI lors du colloque sur le foncier
Pour en revenir à la coupure de courant au CCI, Mamimbahoaka disait que le problème ne doit pas venir de la Jirama, puisque certains équipements électriques continuaient de fonctionner. Evidemment, Mamimbahoaka le parano est tout de suite monté sur ses grands chevaux, allant jusqu’à parler de sabotage (nos fins limiers n’ont toujours pas réussi à trouver les saboteurs d’Andekaleka responsables d’un incendie criminel, dont le Petit Timonier parlait à l’époque !).
Probablement, c’est le groupe de secours qui a pu prendre le relais et faire fonctionner ces équipements. Malheureusement, ce groupe a dû être mal calibré et n’avait pas tout simplement la puissance nécessaire pour faire fonctionner tout le système électrique du CCI. Faire subir ce genre de désagrément, d’embarras ou d’humiliation au président de la République met au grand jour les incompétences à tous les niveaux. Manque d’anticipation !
Dans un régime normal, les responsables seraient très vite identifiés et des sanctions à leur encontre prises. Mais à Madagascar, ne rien faire est hélas devenu la normalité !
Quelqu’un écoute-t-il encore Mamim-bahoaka ?
S’agissant des problèmes fonciers et s’adressant au ministre de la Justice «On ne doit faire aucune complaisance. Pas de népotisme ni de clientélisme. Vous ne devriez avoir peur ni des élus ni de qui que ce soit ». Ajoutant que pour sa part, il ne fera et n’acceptera aucune intervention pour les injustices et les corruptions.
Au passage une pique à l’adresse du président du SMM, «Ne vous contentez pas de tout contester. Avancez des solutions. Qu’est-ce que vous proposez pour mettre en place une Justice neutre, impartiale, loin de la corruption, mais aussi pour mettre fin à la lenteur administrative », a-t-il déclaré tout en rappelant qu’actuellement, 2/3 des dossiers de litiges fonciers restent en souffrance au niveau des tribunaux.
Rajoelina a donné des instructions aux ministres du foncier et de la Justice « Démantelez complètement les réseaux d’accaparement de terrains. Je suis au courant que parmi les membres de ces réseaux mafieux figurent des élus, des responsables nommés, des opérateurs économiques, des fonctionnaires du Service des Domaines et de la Topographie, ainsi que des magistrats. Tolérance zéro à partir d’aujourd’hui ».
Excellent discours, mais ses ordres seront-ils suivis d’effets? Ou comme dans l’armée, on attend souvent le contrordre pour ne pas agir ?
Mamimbahoaka n’est plus crédible et même ses ministres ne suivent plus ses instructions, connaissant ses habitudes. Il donne des ordres et s’arrête là, ne vérifiant jamais s’ils ont bien été exécutés. D’autant plus que lui-même ne s’applique pas ses instructions.
Tolérance zéro pour les détournements et corruptions ? Par exemple, il n’a toujours pris aucune mesure concernant l’affaire SMMC/Rinah que la Gazette continuera à lui rappeler. Ni contre les responsables clairement désignés dans les rapports de la cour des comptes.
Il a d’ailleurs dû se féliciter que le ministre des transports ait pris la responsabilité de se débarrasser de Rinah et de rendre sa décision publique, car lui n’a pas osé le faire !
S’agissant des affaires foncières, la Gazette invite Mamimbahoaka à se pencher sur les différentes affaires « foireuses » à Tuléar du ministre cyclope à roulettes, qui inondent les réseaux sociaux.
Alors il commencerait à redevenir crédible et ses ministres commenceront peut-être par suivre ses instructions.
Sinon, comme chantait Dalida «Encore des mots toujours des mots, les mêmes mots ! Paroles et paroles et paroles, et encore des paroles que tu sèmes au vent ». Oui, toujours et encore les mêmes maux ! Hélas ! Avant les paroles s’envolent, les écrits restent. Actuellement, les réseaux sociaux gardent tout en mémoire.
La gazette du 8 juin 2022 ne voulait pas croire les rumeurs selon lesquelles Mamimbahoaka allait quitter Madagascar après le conseil des ministres, compte tenu de l’importance de ce colloque national sur le foncier. Mea culpa de la Gazette qui s’est trompée sur toute la ligne, car le timonier aurait bien quitté Madagascar, on ne sait pour quelle destination ni pour quelle mission urgente. Aucune transparence ni redevabilité envers ses électeurs comme d’habitude!
Reprise des émissions qui nécessitent des interventions téléphoniques en direct
La dernière mission de suivi électoral de l’Union Européenne a déploré que ses recommandations antérieures en 2018 n’ont pas été observées, en particulier “les garanties de la liberté d’expression et de la presse”.
Le gouvernement avait profité de la pandémie covid 19, pour interdire 9 émissions. Cette restriction de liberté fondamentale que sont la liberté d’expression et la liberté de presse, sous le prétexte peu crédible de risques de troubles à l’ordre et la sécurité publics et de nuire à l’unité nationale, ne s’apparenterait-elle pas à un abus de droit ?
En fait, les questions posées en direct par le public, sans aucun filtre, gênaient énormément le gouvernement dont elles critiquaient souvent les mesures ou les actions.
Maintenant que Madagascar n’est plus dans la période d’urgence sanitaire, cette décision interministérielle abusive (Justice, Intérieur, Sécurité Publique, Communication et Culture, SEG) n’est plus en vigueur, et les 9 émissions interdites “Aoka Hazava (Viva radio), Anao ny Fitenenana (Free Fm), Tambatra miara-manonja tena izy (Viva radio, Viva TV, Free fm, Alliance fm, Taratra fm, kolo TV, kolo FM), Miara-manonja (Mbs, Az, Soa radio), Kapotandroka (IBC), Invité du Jour (Real Tv), Ça me dit (Rta), Don-dresaka (Tv plus), Rivotra (RDJ)” peuvent reprendre si ces stations le décident.
Certaines ont d’ailleurs déjà repris comme Miara manonja ou l’invité du jour, mais pas toutes.
La reprise de ces émissions avec des questions posées au téléphone en direct peut être salutaire pour la démocratie en cette période préélectorale. Cela aiderait les politiciens à se faire une idée des préoccupations actuelles de la population. Par exemple, pour savoir ce que les auditeurs pensent du projet téléphérique.
Si le Président les écoute, peut-être apprendrait-il si ses instructions ont été bien suivies ? Plus la peine d’interdire ces émissions, car “ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait tomber la fièvre !”.
La Gazette