Publié le 11 juin 2022
L’enseignement supérieur recule de 30 ans depuis que la ministre Blanche Nirina Richard était à la tête et poursuivi par la gestion de Assoumacou Béatrice. Sous Zafy Albert l’autonomie des universités a été instaurée par une Ordonnance de 1992, confirmée sous Ravalomanana par un Décret de 2002. L’autonomie universitaire est un acquis depuis 30 ans, la seule raison d’être de la loi sur l’autonomie des universités porte essentiellement sur l’autonomie budgétaire compte tenu des textes sur les établissements publics qui est le problème de tout établissement public et pas que des universités. Les universitaires ont toujours bénéficié de la franchise universitaire. Liberté dans l’enseignement et dans les écrits pour former les étudiants, liberté dans la participation et l’organisation de colloques ou symposium. Sous Assoumacou Béatrice, avec le regard naïf du Premier Ministre, tout doit passer par le conseil du gouvernement. Des personnes qui connaissent réellement le milieu de l’enseignement supérieur, qui travaillaient avec des anciens ministres de renom et qui avaient fait leur preuve constatent une réelle régression de l’enseignement supérieur depuis ce régime. Le rapport du conseil de mercredi dernier évoque la communication verbale sur les investitures ! Si tout doit passer par le conseil de ministre et que les enseignants chercheurs ne s’insurgent pas, quel intérêt de réclamer une autonomie qu’ils avaient déjà depuis 1992? Les manoeuvres du SECES à fermer les salles de cours que notre journal a dénoncées et les appels que nous avons reçu suite à cet article sont clairs, le syndicat a perdu de sa superbe et a donné une très mauvaise image des enseignants. Les mêmes appels que nous avions reçus nous ont d’ailleurs informés que ce sont surtout les chercheurs des centres de recherches qui veulent être considérés comme des enseignants chercheurs. C’est ne pas comprendre que le Constituant avait des raisons normales et reconnues partout de ne prévoir que les universités seulement en évoquant l’autonomie et non pas les centres de recherches qui avaient eu leur heure de gloire surtout sous l’ancien ministre Rabesa Zafera. 30 ans après l’Ordonnance de 1990, voilà que tout passe par le conseil de gouvernement. Les enseignants chercheurs des années 1990 et même des années 2000 se sont toujours appliqués à se démarquer des pratiques malsaines de certaines politiques, deux semaines avant les élections universitaires, les règles électorales changent sans concertation avec la population universitaire. Les universitaires ont acquis une autonomie certaine depuis 30 ans, mais au rythme actuel peut être que bientôt les responsables vont exiger que même les cours, les écrits des chercheurs, les thématiques de colloques ou symposium auront besoin de l’aval du conseil de gouvernement ou du conseil des ministres. On comprend ces murmures de plus en plus insistantes qui viennent des universitaires, on comprend que les mots d’ordre de grève du SECES ne soient pas suivis par la majorité des enseignants, on comprend l’indignation sur Facebook de grands professeurs par rapport à la manière de faire du syndicat avec l’histoire de clés de salle de cours confisquées. On regrette cette merveilleuse équipe du Professeur Rabesa qui avait porté haut le flambeau de l’enseignement supérieur par deux fois. C’était bien avant!
La Rédaction