Publié le 11 juin 2022
La compréhension de la majorité des récentes déclarations de Monsieur le Président mamimbahoaka sur le foncier c’est de pacifier l’espace foncier! En effet les conflits et les corruptions dans le secteur foncier constituent un problème très important à Madagascar. La majorité des contentieux devant les juridictions a plus ou moins un rapport avec la terre. Mais la réalité sur les questions foncières dans notre monde rural est encore plus grave. Les violences à propos de la terre prennent des formes extrêmement variées. Elles peuvent s’exercer directement par l’usage de la force dans le contrôle de la terre et des ressources naturelles, ou par des actions sur les populations rurales elles-mêmes. Les conflits sont nombreux et opposent les communautés rurales aux élites, les communautés rurales aux multinationales. Elles peuvent être plus indirectes, voire emprunter l’apparence de dispositions légales pour discriminer telle ou telle fraction des populations. Elles peuvent, selon les cas, déclencher, faciliter, entretenir ou faire ressurgir de graves violences. Au bout du compte, les conflits fonciers peuvent avoir des incidences importantes sur le mode de gouvernement des espaces ruraux et sur notre construction nationale
Notre réforme foncière ne devrait-elle pas être approchée à travers une autre façon particulière plus specifique? Car la terre est un bien économique, mais c’est également un bien spirituel et culturel pour les Malagasy. Madagascar devrait privilégier une démarche plus inclusive et plus participative qui s’inscrit sur le long terme. C’est une question très importante conditionnant beaucoup notre développement futur ; celui-ci devrait être basé sur l’agriculture et sur l’occupation future saine et équilibrée des terres. Ne faudrait-il pas rappeler que 80% des Malagasy vivent de l’agriculture ?
Les autorités publiques doivent être plus regardantes dans la gestion des terres, être plus à l’écoute des communautés rurales. Il faut une vigilance sur les questions foncières. Sinon on se dirige vers un problème de souveraineté nationale si une bonne partie des terres arrivait à être affectée à des grandes entreprises privées riches. Est-ce qu’un mécanisme est en place pour permettre d’identifier et de protéger les droits des populations ? Les expériences sur les reformes foncières dans les pays en développement, en Afrique en particulier, ont montré que sans un cahier de charges de mise en valeur et contrôlable avec des choses nettes, de façon transparente surtout avec les grandes entreprises, on ne pourrait pas revendiquer nos terres ni les récupérer.
Dans la mise en œuvre de la réforme foncière, il faut une nouvelle politique, de nouveaux instruments de gestion foncière pour promouvoir la paix et la prospérité. Les réformes foncières à entreprendre doivent se fonder sur les questions de sécurité et d’inclusion. Les droits humains et le développement économique ne sont pas des contrastes à la gestion foncière. La voix et le droit de la majorité des Malagasy seront-ils inclus dans cette dynamique de reforme foncière nécessaire pour le progrès de chaque Malagasy ?
Zaza R.