La Gazette de la grande ile

Insécurité : succession de faits divers immondes

Publié le 26 février 2020

Un monsieur qui tue sa femme enceinte à Ambilobe, une mère de famille avec son fils et sa fille qui enterre en cachette le père de famille du côté d’Alasora, un enfant retrouvé mort au lycée d’Antaninarenina à Tuléar avec les yeux enlevés par le criminel, un père de famille qui viole sa fille mineure et cette dernière tombe enceinte… autant de faits qui incitent à se poser de sérieuses questions sur ce qu’est devenue la société malagasy. Dans les premières histoires on se demande comment un homme en arrive à tuer sa femme enceinte ? Qu’il ne l’aime plus, on aurait tendance à dire que c’est d’un classique. Qu’il la quitte alors qu’elle est enceinte, cela peut ne pas étonner bien qu’abandonner sa femme juste quand elle est enceinte relève d’une irresponsabilité. Mais qu’il en arrive à la tuer, cela dépasse complètement l’entendement. On écartera la question inévitable du comment ce monsieur, récidiviste, pouvait être en liberté.

Dans le deuxième cas, une mère qui arrive à convaincre ses enfants d’enterrer en cachette leur père, peu importe les raisons, peut on encore la nommer “mère”? Priver ses enfants du deuil de leur père, et entraîner les enfants à faire quelque chose d’innommable à vivre avec cela “avoir enterré leur propre père en douce”, qui plus est dans la maison, relève d’une folie. Certes, les enfants n’étaient plus des tout petits et a priori avaient conscience de ce qu’ils étaient en train d’accomplir et ce avec la complicité de leur “mère”. Dans le troisième cas, on se demande si un tel homme peut être appelé un père, il a largement dépassé la connerie humaine et ne sait pas qu’un enfant n’a pas besoin d’un père mais de l’amour de son père. Or, dans ce cas, le père est le bourreau de sa fille. Dans le dernier cas, un gamin retrouvé mort, les yeux enlevés ; un gamin d’un couple séparé la mère croyant que peut être le fils était chez son père avant de se rendre à l’évidence que l’enfant est “perdu” avant d’apprendre que son fils est mort et a été tué. Voilà ce qu’est devenu le quotidien…un mari peut en arriver à tuer sa femme enceinte, une femme peut en arriver à enterrer en cachette son époux, père de ses enfants, en impliquant les enfants ; un père viole sa fille ; un enfant qui sort de la maison pour jouer au ballon est retrouvé mort de manière atroce. Quand l’attention est focalisée sur le quotidien, un quotidien de plus en plus difficile, les valeurs se perdent et on en arrive à des choses inimaginables dans notre pays… le moramora a laissé la place à l’inattendu, à l’innommable et de pire en pire.

Le sens de l’initiative, les bonnes idées qui devraient germer avec comme objectif une amélioration de son quotidien et de sa vie, semblent loin très loin puisqu’au final les idées tordues sont venues se greffer dessus, tellement tordues qu’on en vient à se demander si ces personnes ont encore une âme et on en vient à se demander s’il faut toujours condamner ceux qui disent que certaines personnes méritent la peine de mort alors que l’on est au 21ème siècle.

Claude Rakelé

NDLR : Il faut malheureusement rappeler qu’en plus des faits divers cités ci-haut, il y a eu le week-end l’assassinat atroce d’une pasteure FLM.

Lire aussi