Publié le 15 octobre 2020
Le trafic aérien international au départ ou à destination de la Grande Ile reprend et s’organise au détriment d’Air Madagascar. Pour preuve :
- Kenya Airways exploite plus de dix vols hebdomadaires entre Antananarivo et Nairobi ;
- Air Mauritius effectue un vol quotidien entre Antananarivo et l’Ile Maurice ;
- Air Austral dessert un vol quotidien Antananarivo et Saint Denis de la Réunion, deux vols hebdomadaires entre Saint Denis de la Réunion et Nosy Be et un vol hebdomadaire entre Saint Denis de la Réunion et Tuléar/Fort Dauphin ;
- Ethiopian Airlines réalise quatre vols hebdomadaires entre Antananarivo et Addis Abeba et trois vols hebdomadaires entre Nosy Be et Addis Abeba ;
- Airlink exploite un vol quotidien entre Antananarivo et Johannesburg ;
Et Air Madagascar dans tout cela ?
Il est urgent de dénoncer et de renégocier tous ces accords aériens et qu’Air Madagascar cesse de subir. Si on ne change rien, Air Madagascar n’arrivera pas à se relever.
Si on veut continuer l’Open Sky alors il faut aller au bout du raisonnement et arrêter les vols long courrier d’Air Madagascar qui se contentera alors d’effectuer des vols domestiques et régionaux. Si l’on veut faire en sorte qu’Air Madagascar reprenne des parts de marché sur les vols régionaux et internationaux, il faut appliquer les principes d’égalité et de réciprocité.
A une époque, le trafic aérien entre Antananarivo et Paris était réparti équitablement entre les deux parties. Chaque semaine, Air Madagascar et Air France utilisaient le Boeing 747 d’Air Madagascar qui effectuait la liaison Antananarivo-Nairobi-Paris. Air France assurait le vol Saint Denis de la Réunion-Antananarivo-Djeddah-Paris et le vol Antananarivo-Djibouti-Marseille-Paris.
Actuellement les compagnies aériennes françaises peuvent se poser à Antananarivo, Antsiranana, Nosy Be, Majunga, Tamatave, Tuléar et Fort Dauphin, soit sept points du sol malgache. En revanche, les compagnies aériennes malgaches peuvent atterrir à Paris, Marseille, Mayotte et Saint Denis de la Réunion, soit quatre points seulement du territoire français.
Il est important qu’Air Madagascar puisse concurrencer Air France sur le trajet direct Antananarivo-Paris, notamment sur le segment de marché de la clientèle dite haute contribution (business et premium). Pour ce faire, Air Madagascar doit offrir un service haut de gamme qui commence dès l’enregistrement. Air Madagascar doit disposer de son salon business à Antananarivo, tout comme Air France possède le sien à Paris, afin de lui permettre d’offrir un service différencié à sa clientèle. Il appartient à l’Etat d’imposer cette condition à Ravinala Airports, au nom des principes d’égalité et de réciprocité. Dans le même esprit, MGH (filiale de Air Madagascar) est la seule à détenir l’agrément handling à Madagascar. Ravinala Airports doit accepter que ce soit MGH qui manie les passerelles. Cela doit conditionner l’autorisation par l’Aviation Civile de Madagascar d’ouvrir le nouveau terminal d’Ivato.
Aujourd’hui, la seule entité qui profite pleinement de l’Open Sky est Ravinala Airports qui verra son chiffre d’affaires dopé par l’arrivée des compagnies aériennes étrangères. Il s’agit d’une perte de souveraineté nationale. C’est pourquoi, l’Etat Malagasy, ou une de ses émanations, doit reprendre la gestion des aéroports d’Antananarivo Ivato et de Nosy Be Fascène, sans parler de l’aspect stratégique. En effet, ce nouveau schéma permettra de mieux contrôler les exportations d’or.
MN et PN