La Gazette de la grande ile

Besoins rizicoles : les importations ne cessent­ d’augmenter !

Publié le 17 novembre 2022

La production rizicole à Madagascar se situe entre 3,5 et 4,5 millions de tonnes, mais le pays reste un importateur de riz, constatent les analystes du ministère de l’Économie et des Finances dans l’exposé des motifs du projet de Loi des Finances rectificatives 2022. Le volume des importations de riz ne cesse de cumuler chaque année. Une augmentation est constatée pour le premier semestre de 2022 par rapport à la même période de 2021. Il est évalué à 353.756 tonnes contre 316.706 pour les six premiers mois de 2021, soit une variation de 31.050 tonnes, d’après ce que rapporte l’Observatoire du riz (ODR) dans son bulletin du mois de juin 2022. Selon les prévisions, environ 700 000 tonnes de riz seront importées vers l’année 2024, soit le double des importations actuelles. Le gouvernement se contente toujours de diverses donations alors qu’on est à la fin de l’année 2022. 6 000 tonnes de “Vary Tsinjo” de l’Inde sont attendues vers le début du mois de décembre prochain au Port de Tuléar, selon le State Procurement of Madagascar (SPM). Ce lot de “Vary Tsinjo” servira à approvisionner les régions d’Atsimo Andrefana, Ihorombe et Anosy. Avec cette nouvelle cargaison, le stock local de Vary Tsinjo atteindra 12 000 tonnes en décembre prochain, indique-t-on. La procédure d’importation n’est qu’un business de plus des dirigeants.

La Grande Ile doit adopter une politique basée sur la production locale pour pouvoir espérer atteindre l’autosuffisance alimentaire. Malheureusement, on importe du riz chaque année bien que cette denrée soit notre alimentation de base. Les productions locales n’arrivent pas toujours à répondre aux besoins de la population. Il n’y a jamais eu de vraie politique nationale pour aider les agriculteurs à produire intensivement du riz. Néanmoins, Madagascar dispose encore d’immenses terres cultivables. L’Etat ne cesse de dépendre des importations. Le pays avance en reculant en matière d’autosuffisance en riz. La vision de Mamimbahoaka de faire du pays un grenier rizicole de l’Océan Indien n’est qu’illusion. Tant que les dirigeants favorisent l’importation, on ne peut espérer l’accroissement des productions rizicoles. Un acte qui ne fait que démotiver les producteurs locaux. Il faut relancer le marché à l’intérieur au lieu de toujours importer. Les dirigeants ne sont jamais arrivés à mettre fin aux importations et à former les agriculteurs en vue d’augmenter la production locale. Le ministre de l’Industrialisation, du Commerce et de la Consommation, Edgard Razafindravahy n’a fait que mentir en annonçant ne plus procéder aux importations de « vary tsinjo ». Une déclaration qu’il a faite lors de sa descente au State Procurement Madagascar (SPM) au mois de mai de cette année pendant la grande récolte. C’est plutôt l’inverse qu’on constate. L’Etat continue d’importer des vary tsinjo même à la fin de l’année.

Nina

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