Sommet de Bamako : participation… feutrée
Rien sur Madagascar dans tous les rapports sur le sommet France-Afrique qui s’est déroulé samedi à Bamako (Mali). Il est vrai que la Grande Ile n’y était représentée que par son Premier ministre, Mahafaly Olivier, et non par son chef d’Etat. Mais même si ce dernier s’était présenté à Bamako, cela n’aurait pas changé grand-chose : Madagascar y aurait toujours fait une participation feutrée, et même silencieuse.
Les grandes vedettes en dehors de François Hollande : d’abord Adama Barrow, le candidat qui l’a emporté à l’élection présidentielle de la Gambie et à qui le chef d’Etat sortant Yahyah Jammeh refuse de céder le pouvoir. Ensuite, le Rwandais Paul Kagamé qui entretient des relations presque conflictuelles avec la France, et dont la venue a surpris. Enfin, le Portugais Antonio Guterres qui a pris la place de Ban-Ki Moon à la tête de l’ONU. La phrase la plus applaudie au micro, celle du chef d’Etat local, Ibrahim Babacar Keïta : « De tous les chefs d’Etat français, François Hollande est celui qui a eu les relations les plus sincères avec le continent ». L’incident le plus commenté : le chef d’Etat du Gabon, Ali Bongo, qui a quitté le sommet avant la cérémonie d’ouverture pour donner le coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations dans son pays, à Libreville. La mesure la plus spectaculaire : l’aide de 23 milliards d’euros promise à l’Afrique par François Hollande pour 2017-2022.
En tout cas, personne n’a rapporté l’arrivée de Mahafaly Olivier à l’aéroport de Bamako, et dans la traditionnelle photo de groupe du sommet, l’homme est invisible. Complètement éclipsé au plan international, le Premier ministre malgache fut aussi totalement occulté au plan national. Car il n’y eut pas l’habituelle équipe de reporters officiels qui accompagne Hery Rajaonarimampianina lors de ses déplacements à l’étranger. Le séjour, le discours (en a-t-il fait ?) et les audiences de Mahafaly Olivier ne furent donc pas rapportés sur les stations officielles. Hier à midi d’ailleurs, plutôt que de rendre compte du voyage du Premier ministre à Bamako, RNM a préféré accorder une place de choix à la présence de Hery Rajaonarimampianina au grand culte de l’Eglise Fjkm à Antsonjombe. Visiblement, ce n’est pas Mahafaly Olivier mais Hery Rajaonarimampianina qui sera le candidat d’Etat en 2028…
A.R.