Stade de Mahamasina: La messe de toutes les craintes

Afflux considérable de chrétiens demain au stade Mahamasina pour la grande messe célébrée par le cardinal Pietro Parolin, bras droit du pape François et n°2 du Vatican. L’office religieux focalise déjà les attentions et on s’attend à un stade plein à craquer. Pour l’occasion d’ailleurs, on constate dans la capitale une convergence des catholiques issus des quatre coins de l’île. L’indice le plus sûr en est le nombre anormalement élevé de religieuses catholiques qu’on rencontre en ville. Du côté des forces de l’ordre, on s’attache à gérer au mieux l’événement et des mesures ont été prises pour prévenir les incidents.

Ainsi, les portails du stade seront ouverts dès six heures du matin, et des indications ont été données sur les emplacements destinés au grand public. Des fouilles seront opérées à l’entrée et les bouteilles en verre sont interdites d’accès au stade. En tout cas, selon le lieutenant-colonel Armandin Ralaikoa, responsable de la sécurité du culte, de nombreux gendarmes et policiers en civil se mélangeront à la foule. L’obsession des forces de l’ordre : d’abord, l’affluence énorme qui pourrait générer des mouvements de foule catastrophiques. Mais surtout un attentat qui pourrait survenir au stade de Mahamasina, sept mois après le 26 Juin.

Rappelons que lors des festivités de la dernière fête de l’Indépendance, une explosion de grenade (ou de bombe artisanale ?) est survenue dans la foule lors du grand concert de variétés. L’attentat a fait trois morts et des dizaines de blessés, et ses auteurs, malgré les efforts des forces de l’ordre, n’ont jamais pu être démasqués. D’où les craintes du côté de la Gendarmerie et de la Police car les mêmes fauteurs de trouble pourraient de nouveau se manifester…

Les forces de l’ordre et le régime Rajaonarimampianina auraient souhaité voir la grande messe se dérouler ailleurs. Par exemple, au Coliséum d’Antsonjombe où d’ailleurs le pape Jean-Paul II a organisé sa grande rencontre avec les chrétiens de l’île en 1989. Le stade de Mahamasina, en effet, est difficile à contrôler d’abord en raison de ses entrées multiples, ensuite à cause de sa position dans le centre-ville. Mais la hiérarchie catholique, apprend-on, a tenu à ce que l’office religieux ait pour cadre le stade de Mahamasina, peut-être pour une question de prestige, peut-être encore car le site est entouré de nombreux établissements et édifices de culte catholiques.

En tout cas, la présence du président Rajaonarimampianina au culte pourrait pousser à l’action les trublions. Rappelons que deux explosions meurtrières sont survenues sur le site (ou ses environs immédiats) lors de deux événements présidés par le chef de l’Etat : la cérémonie d’investiture du 25 janvier 2014, et les festivités du 26 juin 2016.

La hantise des services de sécurité, c’est que des gens se présentent au culte de Mahamasina en demandant à Hery Rajaonarimampianina de faire sa… prière.

Adelson RAZAFY

Ajouter un Commentaire