Finances publiques: La situation est restée fragile
L’évolution récente de la situation économique et monétaire, particulièrement sur les trois premiers mois de 2017, a été marquée par une conjoncture difficile relative à la hausse des prix. Cette dernière est, d’un côté, tirée par une baisse de l’offre liée aux intempéries et à l’augmentation des prix de nos principaux produits d’importations, indique, tout récemment, la Banky Foiben’i Madagasikara.
De l’autre côté, une pression de la demande d’origine monétaire suite à l’afflux des devises et à la hausse des besoins de financement de l’Etat ont fait accroître les excédents de liquidité bancaire.
En termes de perspectives, ces tendances risqueraient de se poursuivre et face à cette évolution, les Autorités monétaires se doivent de prendre des mesures correctives pour maîtriser une augmentation généralisée des prix.
Pis encore, et d’après toujours la même source, il est mentionné que la situation des finances publiques est restée fragile au cours du premier trimestre de 2017.
Le déficit des opérations globales du Trésor s’est creusé et a été estimé à 340,0 milliards d’ariary sur les trois premiers mois de 2017, contre 177,5 milliards d’ariary il y a un an. En effet, l’amélioration du recouvrement enregistré au niveau des recettes budgétaires n’a pas pu compenser la forte augmentation des dépenses courantes.
L’exécution des dépenses courantes s’est accélérée par rapport à celle des trois premiers mois de 2016 suite à la hausse des dépenses relatives aux subventions liées aux effets néfastes de la sècheresse et au passage du cyclone Enawo. De même, l’effort d’apurement des arriérés estimés à 231,0 milliards d’ariary en net à fin mars 2017 a, entre autres, porté les dépenses à la hausse.
Par contre, l’accroissement observé au niveau des recettes budgétaires a été notamment tiré par celui des recettes non fiscales. Sur la période sous revue, le taux de recouvrement de ces dernières a déjà atteint près de 83,0 pour cent des prévisions de la Loi des finances pour 2017, du fait principalement de la performance au niveau des produits de prise de participation.
Pour le financement de ce déficit, l’Etat a eu essentiellement recours à des émissions nettes de titres publics (BTA, BTF) auprès des banques primaires à hauteur de 138,2 milliards d’ariary.
Ce financement a été facilité par l’abondance saisonnière de liquidités au sein du système bancaire. Le déblocage d’aides budgétaires de la Banque Africaine de Développement (BAD) à concurrence de 18,7 millions de dollars US ainsi que des tirages sur les prêts projets ont complété cette couverture du déficit.
En outre, il est mentionné qu’après la hausse enregistrée au cours de l’année 2016, engendrée par la reconstitution des réserves de BFM, la base monétaire s’est, conformément aux attentes, contractée de 83,3 milliards d’ariary (+2,2 %) sur le premier trimestre de l’année 2017.
Cette décélération est attribuable à l’intensification des ponctions de liquidités effectuées par BFM et aussi à la diminution de ses réserves, compte tenu des paiements effectués.
Au niveau de ses composantes, la baisse de la base monétaire est retrouvée en totalité dans la circulation fiduciaire, conformément au retour saisonnier des billets et monnaies à BFM. En revanche, les dépôts des banques auprès de BFM se sont reconstitués. En termes de glissement annuel, l’accélération de la base monétaire observée en 2016 s’est progressivement estompée sur les deux premiers mois de l’année 2017 pour descendre à 13,5 pour cent à fin février et se situer à 19,7 pour cent à fin avril.
Par contre, le glissement annuel de la masse monétaire demeure relativement élevé et se situe autour de 19 pour cent sur le premier trimestre de 2017. Sur cette période, elle a augmenté de 275,1 milliards d’ariary, alimentée par la poursuite de l’afflux de devises en faveur du secteur privé…
Concernant les perspectives sur les six prochains mois, la Banky Foiben’i Madagasikara rappelle que la bonne performance de la balance des paiements observée l’année dernière devrait se poursuivre en 2017. Elle continuera d’être tirée, entre autres, par les recettes sur la vanille, les transferts en faveur du secteur privé, les flux d’investissements directs étrangers ainsi que par les financements attendus des partenaires techniques et financiers. L’accumulation de devises par le système bancaire continuerait ainsi d’alimenter la liquidité bancaire et la croissance monétaire.
De plus, un ralentissement de l’offre dû aux intempéries subies par le pays au début de l’année risque d’engendrer, à court terme, une pression supplémentaire sur le prix.
Il en est de même de la hausse des besoins de financement de l’État.
Face à ces menaces, les Autorités monétaires se doivent de maîtriser le niveau de la demande.
C’est dans ce cadre que le Comité Monétaire de BFM a décidé de relever le taux directeur, actuellement de 8,3 pour cent à 9,0 pour cent. Par contre, le taux des Réserves Obligatoires est maintenu à 13,0 pour cent.
Recueillis par C.A