Publié le 28 avril 2021
Pratiquement, peu importe le milieu qu’on fréquente ou l’activité qu’on exerce, il est navrant de constater que la vie à Madagascar a fini par ne tourner qu’autour du même contexte : la crise sanitaire. Des victimes par-ci, des cas suspects par-là, il est clair que les révisions apportées récemment quant au mode d’organisation des institutions, publiques ou privées, trouvent partiellement leur justification dans cette dernière. Dans le même fil d’idée, si nous évitions d’aborder le contexte covid-19 un bref moment, cela devrait essentiellement laisser place à de bonnes nouvelles qui se présenteraient dans de meilleures circonstances. Hélas, c’est loin d’être le cas et sans être pessimiste, on irait même jusqu’à dire que ce ne sont pas les problèmes qui vont nous manquer dans les prochains mois …
Alors que l’entraide et le soutien mutuel figurent bel et bien parmi les devises de notre pays, il est à constater que certains d’entre nous ont toujours eu l’habitude de tirer profit des malheurs des autres. En effet, comme s’il ne suffisait pas d’avoir à s’exposer à des risques en entrant dans le bus, certains transporteurs profitent encore de la situation pour augmenter les frais à chaque fois qu’ils en ont envie. Et il en va de même dans le domaine du marché. Il suffit juste d’annoncer qu’une telle plante revêt un tel ou tel caractère pour que le prix de vente de celui-ci triple, voire même plus, dès le lendemain. Et si l’on y pense bien, c’est cet état d’esprit qui nous empêche encore d’éradiquer la corruption dans le milieu administratif, l’insécurité et bien d’autres fléaux encore.
Bref, ce ne sont pas les seuls endroits où l’on peut constater ce genre de chose, car dans bien des domaines, ceux qui ont les moyens ou les pouvoirs ont toujours l’habitude de léser les intérêts de ceux qui n’en ont pas. De même, ce n’est nullement l’état d’urgence qui est à l’origine de ce genre de phénomène. Les circonstances se sont déjà présentées bien avant. Mais s’il doit en être ainsi, on ferait peut-être aussi mieux de nous ranger du côté de ceux qui « profitent » du malheur des autres si l’on veut en sortir vivant.
Hariantsa R.