Publié le 13 juin 2022
Le mercredi 8 juin 2022, les Eurodéputés ont voté la fin des ventes de voitures neuves à essence, diesel et hybrides en 2035. C’est une victoire majeure pour le climat ! Seules les voitures électriques pourront être vendues en 2035 en Europe. Une concrétisation de l’engagement des politiciens Européens en faveur du climat. Et nos députés prévoiraient t-ils de voter un engagement exemplaire pour le climat ? Faudrait-il encore accepter des véhicules d’occasion d’Europe à partir de 2035 ? Où est notre vision du futur ? Ayant pris une part active dans les différents Accords sur le climat et engagés depuis longtemps dans les négociations internationales sur le climat, Madagascar a pris des engagements. Quels efforts devraient Madagascar prendre pour réduire ses émissions et s’adapter aux impacts du changement climatique ? Les autorités publiques devraient tenir compte des besoins de développement du pays, mais devraient également rechercher les solutions d’avenir les plus résilientes et décarbonées.
L’absence de coordination intersectorielle par le Premier Ministre Christian Ntsay est manifeste. Ou bien il comprend peu la part que prennent diverses activités économiques dans le changement climatique. Ou bien l’Administration publique et les centres de recherche universitaires ne prennent pas la peine de l’informer des défis sectoriels sur le climat. Pour le moment le changement climatique demeure un enjeu confiné au Ministère en charge de l’environnement, ce qui limite les instruments politiques et les possibilités d’orientations stratégiques pour mettre en œuvre nos engagements en faveur du climat. Le débat sur le climat à Madagascar s’est fixé jusqu’ici le secteur bois forêt. Cependant, un réel impact sur le ralentissement du réchauffement climatique, nécessiterait de consacrer davantage d’attention à la pluralité de secteurs qui contribuent au changement climatique. L’énergie, l’industrie et l’aménagement du territoire devraient aussi être très présents dans les débats pour l’élaboration et la mise en œuvre de notre politique contre le réchauffement climatique.
Par ailleurs les secteurs clés comme l’agriculture et l’élevage du bétail, les infrastructures ou le transport ne sont pas pris en compte pour le moment. Les autorités publiques auraient dû montrer son engagement sur le climat avec un exemple simple concret qui nécessite des actions concrètes: les voitures et les motos d’occasion qui envahissent le marché de Madagascar polluent abondamment. Cela impacte le climat en ville comme à Antananarivo, mais aussi la santé des populations, et le coût est énorme. Quelles seront les orientations de Monsieur le Président Mamimbahoaka qui est en train d’attendre une autre contribution financière de la part de la communauté internationale pour lui permettre de proposer de nouvelles ambitions sur le climat ? Le Gouvernement aurait dû et devrait cibler des actions concrètes à la fois bénéfiques pour l’atténuation et l’adaptation (politiques sur lesquelles Madagascar s’est engagé internationalement), et surtout cibler des actions économiquement rentables compte tenue de notre fragilité socio-économique. Prioriser une politique de gestion de la qualité de l’air contribuera à la fois à atténuer les émissions de gaz à effet de serre, à améliorer le bien-être des populations et à réduire la facture de santé publique de l’État, ne serait-il pas une bonne politique simple et concrète pour lutter contre la pollution des véhicules d’occasion en ville et partant contre le réchauffement climatique ? Une autre conférence sur le changement climatique pourrait-elle peut être mieux sensibilisé tout le monde des défis qu’on doit faire face pour ne pas être à la traîne vis-à-vis des autres pays ?
Zaza R.