Selon le dernier rapport de l’Unicef intitulé « Les jeunes à Madagascar. Faits et chiffres », issu de l’enquête démographique et sanitaire de 2008 et de 2009, « Madagascar compte aujourd’hui 5.7 millions d’adolescents et de jeunes âgés de 10 à 24 ans ».
D’ici 2025, les auteurs de ce rapport estiment que ce taux doublera.
Pourtant, aucune politique de protection sociale et d’intégration professionnelle capable de répondre aux besoins de cette jeunesse n’est proposée ni du côté du gouvernement (sauf en période de campagne électorale) ni du côté des agents de socialisation de base (famille, école, église). En outre, la « mondialisation du bordel » facilitée par la démocratisation inconditionnelle de l’accès à tout type de canaux de communication comme les réseaux sociaux, internet, etc., ne cesse de gagner du terrain…Ce qui explique l’accroissement sans précédent de la vulnérabilité des jeunes face aux produits stupéfiants (alcool, drogue, etc.), aux IST : infections sexuellement transmissibles (blennorragie, syphilis, VIH/sida, etc.), à la grossesse précoce et non désirée, et tout à l’avenant.
En effet, sur le plan sexuel par exemple, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 26.7 % des jeunes sont déjà passés à l’acte avant d’atteindre 15 ans. Avec la tranche d’âge de 15 à 19 ans, ce taux dépasse la barre des 50%.
Selon toujours l’Unicef, les jeunes résidant en milieu urbain, avec une proportion de 79 %, sont beaucoup plus exposés comparés à ceux qui habitent dans le milieu rural qui enregistrent tout de même un score de 65%.
En plus, les garçons (91%) sont plus impliqués que les filles (52.7%). Mais dans la catégorie moins de 15 ans, cette tendance est inversée ; 17.6 % chez les descendants d’Eve et 9.1 % chez les descendants d’Adam.
Or leur niveau de connaissance des IST est très bas. Dans la section 15 à 19 ans, le pourcentage des jeunes ayant une connaissance complète du sida est très inquiétante : 23 % seulement des filles contre 25% des garçons. Par ailleurs, le taux d’utilisation des préservatifs reste restreint: 4.8 des filles sexuellement actives et 8.3 % des garçons. Dans le cas de l’intervalle d’âge que l’on peut considérer a priori de mature, c’est-à-dire de 20 à 24 ans, ce pourcentage reste très faible. 17.3 % chez les deux sexes.
Même chez ceux qui ont recours aux travailleurs de sexe ou encore ceux qui troquent le sexe moyennant finance, minoritaires sont les jeunes qui utilisent un préservatif. D’après ce rapport, « seuls 11 % des jeunes ayant déclaré avoir eu des relations sexuelles monnayées affirment avoir utilisé un préservatif ».
Rivo Raphaël Chreçant