Publié le 29 avril 2021
En mai 2020, le reportage d’Amnesty International sur l’« Immersion dans les pires prisons de Madagascar » mentionne que la Grande île comptait 28.000 prisonniers en juin 2019, soit 3 fois plus que ce que les prisons peuvent accueillir. Cependant, cette surpopulation ne se trouve pas seulement en prison. En milieu urbaine, une surconcentration humaine dans certains quartiers présente un risque de bombe sanitaire à retardement.
La capitale de Madagascar compte actuellement 3 209 933 habitants(Instat) répartis sur 192 quartiers. Cependant, cette répartition est inéquitable. En effet, la majorité de cette population est concentrée sur quelques quartiers du centre-ville d’après un chercheur Anthropologue de l’Univiversité d’Antananarivo, notamment Manjakaray, Andravoahangy, Analakely, 67ha, Andavamamba, Isotry, Ankazomanga, Ambodivona, Besarety, Ampandrana, Ambanidia, Antohomadinika, Ambohimanarina, Ambohipo, Behoririka et Tsaramasay. Un responsable auprès du fokontany de Manjakaray IID affirme que « dans la majorité des ménages des quartiers de Manjakaray, le nombre d’individus dépasse largement la capacité d’accueil des maisons. Certaines familles déclarent qu’elles sont 4 dans la maison, mais en réalité ils sont plus de 8, voire une dizaine à être empilé sous un seul toit ». Pour ces gens, la maison est juste un endroit pour dormir. Durant la journée, ils sont dehors en train de travailler ou d’attendre un travail en longeant les ruelles et les bords des rues. La population tananarivienne est surconcentrée dans les bas-quartiers où la majorité des individus se trouvent dans la classe moyenne, voire pauvre, gagnant quotidiennement moins de 5.000ar (donnée de la CNaPS 2019). Cela veut dire qu’ils sont obligé de sortir tous les jours pour trouver à manger. Dans ces bas-quartiers, les gestes-barrière sont difficilement respectés. Les gens s’entassent dans les rues et les ruelles. Les risques de propagation du virus sont augmentés. Avec l’arrivée de l’hiver, ce n’est plus qu’une question de temps avant que cette bombe sanitaire explose et que cette surconcentration humaine dans les bas-quartiers d’Antananarivo devienne les foyers de contamination du pic de la 2ème vague de la pandémie.
Durant les confinements, les habitants des bas-quartiers de la capitale continuent d’exercer leur routine quotidienne sans gêne. Les foules pullulent les rues et les gestes-barrières ne sont nullement respectés. Sans mesure d’accompagnement efficace, cette 2ème vague de la pandémie à Madagascar risque de battre des records en termes de mortalité.
T. Berado