Problèmes de sécurité, manque d’infrastructures et surtout l’instabilité du pays. Ce seraient les obstacles qui s’opposent à l’envol du secteur touristique à Madagascar. D’après l’observation du directeur de la commission économique du PNUD, le nombre de visiteurs qui arrivent dans la Grande Ile dégringole tous les 10 ans quand la crise se met en place. 500 000 arrivées ont été enregistrées sur le territoire malgache à partir des années 2 000. Mais dès 2008, les chiffres chutent pour n’atterrir qu’à moins de 300 000 visiteurs en 2014 et 2015.
Hier s’est effectuée une mise en lumière générale sur le tourisme en Afrique. Ce secteur est le sujet principal du dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), présentée à cette occasion. Comme quoi, le tourisme est généralement encore sous-exploité dans les pays africains, alors qu’il peut faire décoller l’économie du Continent en contribuant en ce moment à 8,5% du PIB africain. En effet, l’Afrique toute entière accueille environ le même nombre de touristes que certains pays d’Europe, 60 millions d’arrivées par an. Des remarques qui reflètent aussi quelques réalités malgaches.
Bref, pour Madagascar en particulier, la sous-exploitation du secteur touristique s’accompagne d’une autodestruction cyclique. Les crises politiques entraînent des instabilités à tous les niveaux dans le pays. Ce qui fait fuir les visiteurs. D’ailleurs, le rapport du CNUCED cite la modification de la politique parmi ses recommandations. Pour l’heure, l’arrivée de touristes redémarre depuis peu à Madagascar.
Nomena E.