Un Conseil de Gouvernement s’est tenu le mardi 06 Juin 2017 au cours duquel le projet de loi portant Loi de finances rectificative pour 2017 a été adopté.
Qu’en est-il des grandes lignes ?
Dépréciation modérée de l’Ariary face aux principales devises
Pour l’année 2017, le contexte des échanges internationaux verra la poursuite de l’envolée du Dollar US observée depuis 2016, ainsi qu’un affermissement du cours du Baril. En effet, la conjoncture économique aux Etats-Unis en 2016 a permis au Dollar US de gagner du terrain dans les échanges internationaux. Cette dynamique se maintiendra grâce à la politique de relèvement des taux d’intérêt sur le marché financier américain qui attirera des capitaux étrangers. L’Ariary devrait logiquement se déprécier face à la monnaie américaine.
Par ailleurs, la dépréciation de la monnaie nationale par rapport au DTS sera moins prononcée que prévue. Cette amélioration découlera notamment des décaissements entrant dans le cadre de la FEC. A cet effet, pour cette année, le Dollar US sera coté en moyenne à 3 384,6 Ariary contre 3 349,8
Ariary dans la LFI 2017, tandis que le DTS se négociera à 4 608,2 Ariary contre 4 670,9 Ariary dans la LFI 2017.
Position extérieure légèrement détériorée
La position extérieure de Madagasikara pour 2017 devrait se détériorer par rapport aux perspectives de la LFI. Cette dégradation sera surtout expliquée par le creusement du compte courant malgré le bon résultat au niveau du compte de capital et financier.
Au niveau de la balance commerciale, les exportations enregistreront une hausse de 9,9%, soit 1727,1 millions DTS, grâce à l’augmentation de la valeur d’exportation de produits miniers et de la vanille naturelle malagasy. Du côté des importations, elles varieront de 16,8% (soit 2279,3 millions DTS), surtout suite aux besoins massifs en biens d’investissement. Mais, dans cette situation les exportations ne couvriront que 75,8% des importations. Par conséquent, le solde de la balance commerciale est ajusté avec un déficit plus prononcé de 552,2 millions DTS contre une prévision initiale de 380,8 millions DTS.
Les transferts de fonds en provenance de l’extérieur et les aides budgétaires accuseront un excédent de 529,8 millions DTS au niveau du compte courant contre une prévision initiale de 471,1 millions DTS. Le principal changement provient du secteur public qui connaitra une hausse de 27,5% due à des suppléments d’aides budgétaires, accordés par la Banque Mondiale (80,0 millions USD) et par l’Union Européenne (15,0 millions Euro). Par ailleurs, le solde du compte de revenu affichera un déficit de 313,0 millions DTS, ce qui entrainera un déficit de 363,1 millions DTS du compte courant dans son ensemble.
Le compte de capital et d’opérations financières, quant à lui, est révisé avec un solde excédentaire de 288,7 millions DTS contre 178,7 millions DTS prévu initialement. Cette hausse proviendra essentiellement des emprunts extérieurs au titre de projets (18,5 millions DTS) et d’appuis budgétaires (43,4 millions DTS) destinés au secteur public. Ces valeurs additionnelles sont liées surtout aux appuis d’urgence nouvellement consentis par la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement.
En définitif, le déficit de la balance globale se creusera de 74,4 millions DTS (1,0% du PIB) pour l’année 2017 contre 24,4 millions DTS (0,3% du PIB) dans la LFI. Dans ces conditions, le déficit global sera financé, entre autres, par la deuxième tranche de l’appui financier du FMI au titre de la FEC pour un montant de 45,6 millions USD, soit 33,5 millions DTS. Grâce à cet appui, les réserves brutes officielles afficheront une hausse de 29,8% ; soit 896,0 millions DTS équivalents à 3,4 mois d’importations.
Implication budgétaire considérable
La conjoncture du premier semestre 2017 a des implications budgétaires importantes. Les changements qui en découlent affectent en effet sur l’équilibre budgétaire.
Suite à la revue du programme FEC et au passage du cyclone précédé d’une longue période de manque de pluviométrie, l’Etat se doit de reprogrammer son Budget. Notamment, des secteurs sévèrement touchés sont à prioriser pour les dépenses. Il s’agit de la Santé (hôpitaux, matériels,…), l’Education (bâtiment scolaire, matériels, …), l’Agriculture, le Transport (transport maritime et fluvial, chemin de fer, …), les Infrastructures (ponts, routes, canaux d’irrigation, barrages, …). Ces priorités n’enlèvent en rien la convergence à apporter vers les objectifs fixés dans le PND.
Par ailleurs, la programmation des recettes devraient être également optimisée pour pouvoir disposer d’un espace budgétaire suffisant.
Dépenses Publiques modifiées
Conformément aux objectifs du PND et aux engagements pris par rapport à la FEC, les efforts du Gouvernement restent orientés vers les secteurs sociaux, les infrastructures et le développement rural. Les perturbations climatiques en début d’année induisent la prise en compte des dépenses d’urgence et les reprogrammations éventuelles au niveau de chaque Ministère sectoriel.
Par ailleurs, la revue du programme FEC a amené à prendre en compte certaines dépenses. Entre autres, le Gouvernement a accordé des subventions pour soutenir les entreprises publiques en difficulté, à savoir la JIRAMA et l’Air Madagascar, compte tenu de leur caractère stratégique pour le développement du pays.
Dans l’ensemble, le montant des dépenses publiques totales passera de 6 709,2 milliards d’Ariary à 7 353,5 milliards d’Ariary, y compris remboursement de TVA, soit une hausse de 9,6%.
Dette publique
Par rapport à la LFI 2017, la LFR 2017 accuse une hausse de 15,6% en termes de remboursement de la dette publique extérieure. Cette augmentation est due à la prévision de paiement des arriérés de 2016 envers la Lybie et à la révision des prévisions d’intérêts sur les nouveaux prêts en 2017.
De ce qui précède, le montant de la dette à rembourser pour la LFR 2017 s’élève à 399,4 milliards d’Ariary dont 292,2 milliards d’Ariary en principal, et 107,2 milliards d’Ariary en intérêts. Pour cette année 2017, une partie de la Facilité Elargie de Crédit du Fonds Monétaire International (FMI), d’un montant de 175,2 milliards d’Ariary, sera rétrocédée par la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) à l’Etat malagasy.
En outre, les charges de la dette intérieure pour l’année 2017 sont révisées à la hausse et évaluées à 232,0 milliards d’Ariary, suite à l’augmentation des taux d’intérêt des titres d’emprunt intérieur. Le taux d’intérêt moyen pondéré global servi sur les titres émis par le Trésor public est estimé à 9,5%…
Recueillis par C.A