Virtuellement, Jean Ravelonarivo est limogé. Décret ou pas décret à son encontre, ce Premier ministre est désavoué par le Président de la République. La venue en force, à Iavoloha hier, de nombreux députés, témoigne encore de cette volonté, de cet acharnement du chef de l’Etat de vouloir l’abattre, de lui donner l’estocade. La sentence est lourde. Trop naïf, peut-être, M. Ravelonarivo n’a rien vu venir, ce vendredi. Ses conseillers, occupés à préparer, comme d’habitude, leur week-end, ont tous été pris de court.
En ce moment précis, le palais de Mahazoarivo est toujours occupé par l’ « ancien » chef du gouvernement. Va-t-on, avec fusils et canons, le déloger de ce palais ? Puisque son remplaçant est, dès hier, nommé par M. Rajaonarimampianina, qui tire cette fois-ci plus vite que son ombre, on peut dire que les carottes sont cuites…
Néanmoins, tout n’est pas joué, car, selon la Constitution en vigueur, que le chef de l’Etat aime d’ailleurs piétiner, il est dit, notamment (article 54) : « Le Président de la République met fin aux fonctions du Premier ministre, soit sur la présentation par celui-ci de la démission du gouvernement, soit en cas de faute grave ou de défaillance manifeste ».
Jusqu’ici, personne n’a connu la moindre faute grave ou défaillance de la part de Jean Ravelonarivo. Pire, ce dernier n’a jamais présenté sa démission ! Il faut, donc, reconnaître que c’est l’ « assassinat » pur et simple du général Ravelonarivo. Conséquence : vendredi dernier dans la soirée, des représentants des bailleurs de fonds, résidant à Antananarivo, ont, d’un commun accord, bloqué toutes les aides financières en cours, à destination de Madagascar.
Autrement dit, c’est le retour à la case départ. La crise, au sens large du terme, s’incruste davantage dans l’île. Grave, l’organisation du Sommet de la Francophonie à Antananarivo, semble fortement remise en cause par ce coup d’Etat à l’envers (normalement en Afrique, c’est le Premier ministre qui destitue le chef de l’Etat, mais pas le contraire).
Dans tous les cas, la nomination de Mahafaly Olivier, n’est ni légitime ni légale. Qu’on se le dise !
Dieu seul sait, comment va se terminer ce duel entre Hery Rajaonarimampianina et Jean Ravelonarivo, plus précisément, entre… Laurel et Hardy !
Franck Raharison